Par Abacar Mahamat,  Ndjamena|

imageLe Tchad a vécu le dernier trimestre 2015 au rythme de retards dans le paiement des salaires. Frappée de pleins fouets par la chute de l’or depuis 2014, l’économie de ce pays sahélien enclavé a traversé une période très difficile en 2015.

En effet, la baisse progressive du baril a provoqué la réduction des recettes pétrolières laissant apparaître des trous budgétaires. Cette situation a conduit le gouvernement tchadien à réduire considérablement le financement des projets d’investissements publics.
A cela s’ajoute la situation sécuritaire causée par les attaques de la secte de Boko Haram qui a sévèrement affecté l’économie tchadienne. La baisse des exportations des bétails vers le voisin Nigérian revêt une dimension socio-économique très importante chez les éleveurs.

Le budget de l’Etat tchadien pour l’exercice 2016 prévoit un déficit de 159 milliards FCFA, d’après le budget général de l’Etat adopté par les députés le jour du 29 décembre 2015.
Les recettes prévues s’établissent à 1296 milliards FCFA avec une augmentation de 18% par rapport à 2015, et les dépenses sont estimées à 1455 milliards FCFA, en baisse de 5%.

Pour combler ce déficit, l’Etat tchadien entend procéder à l’émission des bons et obligations assimilables du Trésor et renforcer d’autres sources de mobilisations de ressources avec l’appui des partenaires techniques et financiers.
L’affaiblissement de la secte Boko Haram sur le plan militaire, devrait annoncer la reprise des exportations des bétails vers le Nigéria, mais le gouvernement désire moderniser le secteur de l’élevage par la construction des abattoirs frigorifiques modernes afin d’améliorer la production animale.

Afin d’amorcer une sortie de crise et de combler des insuffisances constatées, le gouvernement tchadien a entrepris un certain nombre des mesures: renforcer l’assainissement de la finance publique, réduire les exonérations fiscales et douanières et maitriser le fichier des contribuables afin de lutter contre les fraudes fiscales.


 

 

Contexte politique inédit

Le Mouvement Patriotique pour le Salut (MPS) domine la vie politique tchadienne depuis plus de 20 ans. En face, deux opposants affûtent leurs communications: Saleh Kebzabo, leader de l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), et Ngarlejy Yorongar, à la tête du parti Fédération, action pour la république (FAR).

Avec 113 sièges sur les 118 que compte le parlement, le parti du président Idriss Deby jouit d’une certaine avance sur une opposition divisée. Suffisant pour remporter les élections présidentielles? Réélu en 2011 à 83% à la faveur du boycott de l’opposition, l’homme fort du Tchad aura un adversaire de taille à surmonter en avril 2016: un baril de pétrole trop bas pour assurer la paix sociale sans coup férir.

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