Par Aymen Soufi*, Alpha Mena, Tunisie/

Former Tunisian prime minister Beji Caid el Sebsi delivers a speech outlining his credentials and announcing his candidature to run in the Tunisian presidential elections in the capital, Tunis, on September 12, 2014. The Tunisian presidential elections are to be held on November 23. AFP PHOTO / SALAH HABIBI
 Beji Caid el Sebsi AFP PHOTO / 

Une des questions qui a été soulevée par Christine Lagarde durant sa dernière visite en Tunisie, était le poids de la masse salariale publique. D’après la patronne du FMI, le taux des salaires payés par les autorités publiques par rapport au PIB (13%) est considéré parmi les plus élevés au monde. Sans aucun doute, en intégrant les avantages en nature et certaines entreprises publiques ou parapubliques, qui sont déficitaires et donc soutenues par le budget de l’État, ce taux de 13% augmenterait signi cativement.

Les gouvernements qui ont dirigé la Tunisie après la révolution en 2011 ont pensé que pour limiter le gap entre les diffèrentes  classes sociales il fallait passer par l’augmentation des salaires au niveau de l’administration publique et par les recrutements afin de réduire le chômage. Cette politique a fait grossir l’État. Il faudrait en toute urgence commencer à faire maigrir la bête.

Notre analyse de ce mois s’effectue à travers notre couverture tunisienne (47 valeurs et une capitalisation boursière de 7,117 Mds€), qui est imparfaitement représentative des activités économiques dominées par l’État mais suffisante pour appréhender la situation des niveaux de salaires en Tunisie et même dans le secteur privé. Notre groupe de valeurs tunisiennes représente 2% en termes de capitalisation boursière de l’ensemble de l’univers.

La masse salariale des entreprises tunisiennes s’élève à 1 Mds€, soit 7% de l’ensemble des salaires de l’univers AlphaMena. Ainsi, les projets générés par les entreprises tunisiennes représentent seulement 1,3% des bénéfices attendus en 2015 pour l’ensemble de l’univers AlphaMena.

En d’autres termes, la faible rentabilité des entreprises tunisiennes est expliquée par une masse salariale élevée (malheureusement nous n’avons pas assez de données pour analyser le coût effectif de l’emploi notamment les taxes et contribution sociale par pays). Cette faible rentabilité des entreprises est mise en évidence par un ROE qui s’est détérioré durant ces dernières années (en particulier en 2011).

Nos propos sont également confirmés  par un salaire moyen qui a bondi d’une manière signi cative durant ces dernières années (voir graphique ci-dessus). En considérant seulement les entreprises détenues par l’État tunisien, le poids des salaires devient encore plus important.

D’ailleurs, nous avons réussi à identifier 15 sociétés où l’Etat intervient dans la gestion. Cette liste, qui représente une capitalisation boursière de 908 M€ (12% de notre couverture tunisienne), paie une masse salariale de 372 M€ soit 40% de l’ensemble des salaires payés par notre couverture tunisienne. Inutile de donner d’autres chiffres, la conclusion est certaine : Le FMI a raison. Que faire maintenant ? * Nous reviendrons dans les prochaines semaines aux thèmes de la Gouvernance en Tunisie.


 

Aymen Soufi

Mediterranean School of Business – 2014 valedictorian. Candidat CFA niveau 2.

Depuis 02/2014 : AlphaMena (Tunis) Analyste Financier (Banks), et Spécialiste Gouvernance.

Depuis 11/2014 : AlphaValue (Paris) Analyste Financier (Oil&Gas), et Spécialiste Gouvernance.

 

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