imageC’est une véritable bombe qu’a lâchée l’ex-dirigeant de l’athlétisme international Lamine Diack, soupçonné d’avoir couvert des pratiques de dopage d’athlètes russes.

Entendu par les enquêteurs de l’Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales, l’ancien président de la fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a affirmé que des fonds russes avaient été récoltés afin de financer la campagne présidentielle de l’actuel président sénégalais Macky Sall, élu en 2012.

Ces révélations ont été publiées vendredi 18 décembre par le journal “Le Monde”, qui s’est procuré les déclarations de Diack auprès des enquêteurs. Mis en examen pour “corruption passive” et “blanchiment aggravé” par la justice, l’ancien patron de l’athlétisme mondial a expliqué les détails d’un système qui lui aurait permis de récolter 1,5 million d’euros.

Diack aurait agi après avoir conclu un accord avec Valentin Balakhnichev, à l’époque président de la fédération russe d’athlétisme mais aussi trésorier de la fédération internationale, explique “Le Monde”. Cet accord aurait été conclu à la fin de l’année 2011, trois mois tout juste avant l’élection présidentielle au Sénégal.

“Il fallait à cette période gagner la ‘bataille de Dakar’, c’est-à-dire renverser le pouvoir en place dans mon pays, le Sénégal, a expliqué Lamine Diack aux enquêteurs. M. Balakhnichev [président de l’ARAF, la Fédération russe d’athlétisme] faisait partie de l’équipe Poutine et à ce moment il y avait ces problèmes de suspension des athlètes russes à quelques mois des championnats du monde en Russie. Nous nous sommes entendus, la Russie a financé. C’est Balakhnichev qui a organisé tout ça. Papa Massata Diack [l’un des fils de Lamine Diack] s’est occupé du financement avec Balakhnichev. ”

 

Lamine Diack a notamment rapporté un échange troublant avec son ancien trésorier : “Quand j’ai sollicité une aide de la part de Balakhnichev, je lui ai dit que pour gagner les élections, il me faudrait environ 1,5 million d’euros. […] Il m’a dit : ‘’On va essayer de les trouver, il n’y a pas de problème’.”

Des accusations réfutées dans la foulée par le principal intéressé. “Ni moi ni ma fédération n’avons été impliqués dans une telle discussion ou affaire avec M. Diack. […] Ce type de business n’est pas de notre intérêt et pouvoir. Nous ne pouvons pas interférer dans les affaires intérieures du Sénégal. Pour moi, c’est clair”, s’est insurgé Balakhnichev, contacté par le journal “Le Monde”.

Même son de cloche du côté des autorités sénégalaises, qui se sont positionnées par la voix du ministre sénégalais en charge de la communication de la présidence : “Nous n’avons reçu aucun financement de M. Lamine Diack et a fortiori de la Russie. […] Notre campagne, nous l’avons financée à partir de nos propres ressources, de nos militants. Nous n’avons pas mené une campagne à l’américaine, tous les Sénégalais peuvent en témoigner.”

Ce nouveau rebondissement dans l’affaire de suspicion de dopage massif qui frappe l’athlétisme russe pourrait accentuer la portée politique de ce scandale, qui touche déjà les autorités russes de plein fouet.

Sources : Le Monde, France 24

 

 

 

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