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Ces dernières années, le pays d’Ali Bongo a vu sa croissance ralentir, passant de 5,6% en 2013 à 4,1% en 2015, a souligné un rapport dénommé cahiers économiques du Gabon, publié le 16 décembre 2015 par la Banque Mondiale (BM). Ce ralentissement  s’explique par la  chute des prix des matières premières (particulièrement ceux du pétrole) qui a induit la réduction des investissements publics.

Selon le rapport de la BM, la croissance de l’économie gabonaise a été principalement tirée par le secteur pétrolier. Cependant,  sa contribution  dans le PIB s’est considérablement amoindrie, passant de 46.5 % en 2010 à 28 % du PIB en 2014. Les cours mondiaux élevés du pétrole avaient permis de financer le développement d’importants projets d’infrastructure à partir de 2010, dans le cadre de la mise en œuvre  du « Plan Stratégique Gabon Émergent » (PSGE).

Le document indique, que la pression sur les prix des denrées alimentaires qui a conduit à une hausse de 4,8 % du niveau général des prix en 2014, s’est estompée au cours du premier semestre 2015. À fin juin 2015, le niveau général des prix est demeuré au même niveau que l’année précédente suite aux baisses des prix des services de santé, du poste « Logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles » et ceux des services de télécommunications qui ont absorbé la hausse des prix des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées.

Accroissement de 4,4% du niveau de l’emploi privé moderne

Le rapport révèle également que le ralentissement de la croissance n’a pas globalement affecté le marché du travail formel, le niveau de l’emploi privé moderne s’étant accru de 4,4 %. La création de 2 100 emplois par la firme OLAM et l’augmentation des effectifs de la Comilog de l’ordre de 959 emplois auraient largement compensé les baisses enregistrées dans les secteurs des BTP, des services et des autres industries.

En réponse à la baisse des cours du pétrole, le gouvernement a procédé à l’ajustement du budget initial 2015 après avoir revu les hypothèses de recettes pétrolières à la baisse suite à la révision de la projection du prix du pétrole (qui est passé de 80 dollars le baril dans le budget initial à 40 dollars au moment de la révision). De ce fait, les recettes pétrolières prévues sont désormais de 42 % inférieures à celles de la loi de finance initiale 2015.

«  Suite à cette baisse drastique des recettes et la volonté des autorités gabonaises de maintenir un niveau d’investissement public qui ne compromette pas la croissance, le solde budgétaire global devrait enregistrer un déficit (de 3,3 % du PIB) pour la première fois depuis 1998 », a soutenu  la banque mondiale. Pour faire face au besoin de financement y relatif, le gouvernement gabonais a émis avec succès un eurobond  de 500 millions de dollars en juin 2015, d’une maturité de dix ans à un taux de 6,95 %.

Au cours du premier semestre 2015, la balance commerciale du Gabon a enregistré une forte diminution de 45,9 % par rapport à la même période l’année précédente en raison de la forte contraction des prix internationaux du pétrole. « Ce qui permet d’estimer que le PSGE vise à mener le pays au rang d’économie émergente à l’horizon 2025 », peut-on lire dans le rapport de la BM.

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