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Une trentaine d’entreprises marocaines exerçant dans les secteurs de l’automobile et du cuir est en déplacement à Abidjan, à l’occasion d’un forum économique organisé du 14 au 16 décembre, par Maroc Export, l’agence de promotion du commerce extérieur du Royaume chérifien avec le soutien de l’AMICA (association marocaine pour l’industrie et le commerce de l’automobile) et du FEDIC (fédération marocaine des industries du cuir). 

Ces rencontres, qui prennent le relais des nombreux accords signés entre la Côte d’Ivoire et le Maroc (une quarantaine en 2014 et 2015), visent à ouvrir de nouveaux champs commerciaux. Actif en Côte d’Ivoire dans les infrastructures, les logements sociaux, les services (NTIC, banque, assurance), les secteurs pharmaceutiques et médicaux etc., le Royaume vient promouvoir son secteur automobile et du cuir où il a développé une expertise reconnue au niveau mondial. « Diversifier est le mot clé pour des relations économiques intelligentes, durables et créatrices de valeur ajoutée pour les deux nations », a souligné Zahra Maafiri, directrice générale de Maroc Export.

Un secteur automobile en pleine essor 

Le Royaume chérifien arrive à ces échanges avec une offre multiforme de son industrie automobile et auréolé du statut de deuxième plus grand producteur de véhicules du continent après l’Afrique du Sud. De 18 546 véhicules en 2003, la production est passée à 227 570 en 2014, soit un bond de plus de 1 000% en un peu plus de 10 ans ; ce qui fait de l’automobile, le principal secteur à l’export du Maroc. Une offre, qui sera boostée avec l’installation annoncée d’un deuxième constructeur, PSA, après Renault, en plus d’une filière de pièces de rechange en forte expansion avec 400 millions d’euros d’exportation en 2014.

La Côte d’Ivoire qui a dû fermer son usine d’assemblage automobile dans les années 1980, en raison de la crise économique qu’elle avait traversée, veut pouvoir s’appuyer sur l’expérience réussie du Maroc pour se relancer dans le secteur. Mais pour l’heure, le pays projette le renouvellement progressif de son parc automobile vieillissant (une moyenne d’âge de plus de 20 ans) à compter de 2016, avec un objectif de 50 000 véhicules neufs à introduire sur le marché local au cours des cinq prochaines années.

Une industrie du cuir moderne

L’industrie du cuir marocain, quand à lui, nanti de 340 entreprises (essentiellement exportatrices) avec une production estimée à 300 millions d’euros, autour des filières « chaussure », « maroquinerie et vêtements en cuir » et « tannerie » arrive dans un contexte ivoirien du cuir encore embryonnaire. Le cuir en Côte d’Ivoire est traité par 5 000 artisans, qui génèrent 7,6 millions d’euros annuellement, et 5 tanneries modernes récemment installées, produisant uniquement des peaux semi-finies.

Au total, le forum qui réunit une trentaine d’entreprises marocaines (10 du secteur automobile et 20 du cuir) va occasionner 520 rencontres B to B avec des opérateurs économiques locaux. Des échanges qui permettront de mettre en valeur les productions industrielles dans ces domaines, offrant ainsi aux acteurs ivoiriens intervenant dans ces secteurs des alternatives aux circuits traditionnels tournés essentiellement vers l’occident.

Globalement, le Royaume chérifien entend se positionner sur un marché ivoirien dont les signaux sont au vert. Le pays qui a vu croître son PIB de 20% ces trois dernières années et voit s’élargir sa classe moyenne.