imageLa première graduation de l’institut IFAGE s’est déroulée le 11 décembre à l’hôtel Novotel Dakar sous le regard attentif de Diouldé Niane, président directeur général de Sonam. Tout le gratin du secteur de l’assurance était présent ou s’était fait représenter. La cérémonie haut en couleur était l’occasion pour Mandaw Kandji, fondateur de l’IFAGE de revenir sur les valeurs cardinales qui constituent la marque de fabrique de cet institut spécialisé en assurance aux dimensions panafricaines. Ci-dessous, l’interview que le PDF d’IFAGE nous avait accordé dans le mensuel Financial Afrik n°23 du 15 novembre 2015.


 

 

«A ce jour, tous nos diplômés sont déjà insérés dans les compagnies d’assurance ou chez les intermédiaires d’assurance»

 

 

IFAGE est un établissement spécialisé de l’assurance dans la zone CIMA. Quelles sont les spécialités que vous enseignez ?

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Notre institution est l’un des rares établissements d’enseignement privé supérieur spécialisé en assurance dans les 15 pays membres de la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances (CIMA) et en Afrique francophone. Il a été créé par un ancien Commissaire Contrôleur en chef des assurances de la CIMA qui a décidé de mettre sa riche expérience au pro t des futurs leaders de l’assurance africaine. IFAGE délivre : – une licence professionnelle en assurance (Bac+3) ; – un master professionnel en assurance (Bac+5 ou licence + 2). Après cinq (5) ans de fonctionnement, la licence professionnelle de IFAGE a été accréditée par le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) à l’issue de son 28ème colloque sur la Reconnaissance et l’Equivalence des diplômes tenu à Conakry, en République de Guinée, du 27 au 30 Novembre 2013. Outre le Sénégal, il accueille en son sein des étudiants de diverses nationalités originaires de douze (12) pays di érents à savoir le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée-Conakry, la République Centrafricaine, le Mali, le Niger, le Nigéria, le Tchad, le Togo. De plus, IFAGE a signé une convention de double diplomation avec l’Ecole Supérieure des Assurances (ESA) de Paris : la délivrance de la licence par IFAGE entraîne automatiquement l’obtention du Bachelor de ESA et la délivrance du master par IFAGE entraîne automatiquement l’accès au grade de MBA de ESA. Notre institut a également signé de nombreuses conventions de partenariat avec les compagnies d’assurance garantissant des postes de stage à ses étudiants tout au long de leur formation, matérialisant l’adéquation formation- emploi. A ce jour, tous nos diplômés sont déjà insérés dans les compagnies d’assurance ou chez les intermédiaires d’assurance. Pour répondre aux besoins exprimés par les compagnies d’assurance, les banques et les institutions de prévoyance sociale, l’institut a ouvert depuis octobre dernier trois (3) nouvelles lières de licence professionnelle dans de nouveaux domaines.

 

Le métier de l’assurance a changé, intégrant la production et, de plus en plus, les placements nanciers. Ces évolutions sont-elles prises en compte par IFAGE?

 

Les assureurs sont des investisseurs institutionnels en raison de l’inversion du cycle de production qui caractérise leur activité et qui leur permet de collecter des masses très importantes d’argent notamment l’épargne des assurés dont une bonne partie est réinjecter dans les circuits économiques. Le placement de ces fonds dans des actifs sûrs, liquides et rentables a toujours été une préoccupation majeure de la profession. C’est pourquoi la réforme du 28 septembre 2009 portant sur la gouvernance oblige les conseils d’administration à dé nir les lignes directrices de la politique de placement et à en assurer le contrôle. Les enseignements à IFAGE intègrent non seulement cette préoccupation mais vont plus au-delà par la prise en compte des principales réformes réglementaires adoptées ces dernières années par le Conseil des Ministres des Assurances, organe législatif de la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances (CIMA). Ces réformes portent principalement sur la modernisation de l’environnement juridique et nancier du secteur notamment l’interdiction de l’assurance à crédit, les nouveaux états comptables et statistiques, l’assurance des risques agricoles et la micro-assurance destinées à la couverture des risques du monde rural et des personnes à faibles revenus opérant dans le secteur informel.

 

Finalement, quelle est la di érence aujourd’hui entre l’assureur et le gestionnaire de fonds ? Allons-nous vers la fusion de ces deux métiers ?

La gestion d’actif est importante dans l’activité de l’assureur mais son cœur de métier est la mutualisation et la gestion des risques que lui transfèrent ses assurés. Assurer l’équilibre de la mutualité par la sélection des risques, une tari cation su sante et la maîtrise des frais généraux est in niment plus vertueuse. Paris et New York ont été construites par les assureurs mais cela n’a pas fait des compagnies d’assurances des entreprises de Bâtiments et de Travaux Publics (BTP). Le gestionnaire de fonds, l’entrepreneur de BTP, comme le banquier exercent chacun un métier di érent de celui d’un assureur. Cependant celui-ci doit utiliser les services de ceux-ci dans le cadre de la gestion nancière pour optimiser la rentabilité de ses placements nanciers.

Certains établissements dispensent des formations «Banque et Assurances». Ces deux métiers peuvent-il être associés dans un seul diplôme ?

 

IFAGE n’a pas privilégié cette option, même si la banque et l’assurance relèvent toutes les deux du secteur nancier. Elles entretiennent des relations étroites par le biais des placements et de la bancassurance (utilisation par les assureurs des guichets des banques pour vendre les contrats d’assurance). Mais, comme je l’ai évoqué plus haut, le métier de banquier et celui d’assureur sont totalement di érents.

 

Vous allez organiser votre première graduation en décembre. La promotion porte le nom de M. Diouldé Niane. Pourquoi ce choix ?

Le Président Diouldé Niane est l’un des premiers actuaires africains. Il est sorti de l’ISFA, une des plus prestigieuses écoles françaises d’actuariat. Au plan national, il a non seulement fondé et développé le Groupe SONAM, l’un des eurons de l’industrie sénégalaise des assurances mais il a également été l’un des initiateurs de la création de notre société nationale de réassurance, la SEN-Ré. Au plan international, le Président Niane a longuement oeuvré au développement et à l’intégration de l’assurance africaine, pour s’être illustrer comme l’un des pères fondateurs de premier plan de la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF) et de l’Organisation Africaine des Assurances (OAA). Il convient de rappeler pour nos jeunes cadres que le Président Niane avait mis à la disposition de la FANAF des locaux pour abriter son siège social au démarrage de son activité. En outre, c’est le Secrétaire Général du Groupe SONAM qui assurait cumulativement avec ses fonctions, celles de Secrétaire Général de la FANAF. Last but non least, le Président Niane a apporté une contribution importante à la rédaction du code des assurances connu sous le nom de « code CIMA », législation commune applicable à l’ensemble des pays membres de la CIMA. C’est pour toutes ces raisons la première cérémonie de remise de diplômes aux lauréats de IFAGE sert de prétexte pour célébrer la dimension de l’Homme en montrant à la jeunesse africaine l’œuvre gigantesque de ce grand bâtisseur des temps modernes.

 

 

 

 

 

 

 

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