image
Les chantiers navals de Nankin ont construit des jonques avec des cloisons (effet anti-Titanic) transversales dès le 15ème siècle. La rencontre entre l’Afrique et la Chine sera-t-elle riche en transfert d’expériences?

Par Siré Sy*|

 

ChinAfrica comme il y a 600 ans, c’est le temps de l’amiral qui témoigne de l’ancienneté des liaisons sino-africaines sur les rapports entre l’Afrique et l’Occident.

 

La Chine aux cent dynasties a connu des périodes fastueuses: époques Tang, Song et Ming, en particulier. Au début du XVème siècle, l’empereur confie la flotte chinoise à un homme exceptionnel, l’amiral Zheng He, eunuque de confession musulmane, issu d’une famille établie en Chine du Sud. Les grandes jonques sont construites aux chantiers navals de Nankin. Elles sont alors à la pointe du progrès par leur taille, par leur conception (compartiments séparés qui empêchent de couler en cas d’accident (effet anti-titanic!), par les instruments de pilotage et de navigation (gouvernail d’étambot, compas et boussole), enfin. Tout cela constitue une avance considérable sur les caravelles occidentales contemporaines.
Sous la dynastie Ming et le règne de l’empereur Yongle, l’amiral Zheng He entame sept expéditions maritimes en direction de l’Asie du Sud-est, de l’océan Indien, de l’Arabie et de l’Afrique de l’Est. Des dizaines d’états sont visités, de la Somalie au ”pays du malin”, le Kenya. L’homme noir est décrit dans les annales chinoises comme ”habile, courageux, intelligent et redresseur de torts”. Ces explorateurs chinois offrent des cadeaux: soie, thé, porcelaine et rapportent d’Afrique des piments et un rhinocéros. Déjà, des princes africains sont invités à la cour impériale. Point d’entreprises militaires ou de conquêtes. La Chine, persuadée d’être au centre du monde se contente de faire reconnaître sa puissance économique et son rayonnement culturel. Déjà! Serait-on tenté de remarquer!
Puis, la Chine se replie sur elle-même. Ses superbes jonques sont détruites. Pourquoi? C’est ce dont débattent encore les historiens: coût de ces expéditions, incendie à Pékin, dû à un orage avertissant un pouvoir superstitieux de ne pas disperser ses forces à l’extérieur, alors que les turco-mongols, menacent de nouveau, querelles de pouvoir au sommet (entre eunuques et mandarins)? Toujours est-il que la Chine d’aujourd’hui se préoccupe de retrouver les épaves de ses anciens vaisseaux le long du littoral du Kenya. L’Histoire est aussi un enjeu géopolitique et géostratégique.
A travers ce deuxième sommet de coopération Chine-Afrique (Focac) et le premier à se tenir sur le continent africain (4 & 5 décembre 2015), c’est l’Afrique qui va à la rencontre de la Chine. C’est cette Afrique qui a donné à l’Humanité sa première Civilisation (civilisation du paléolithique, de la sédentarisation), qui va à la rencontre de la Chine qui a donné à l’Humanité, sa deuxième Civilisation (la révolution maritime et fluviale). C’est la rencontre entre le continent du Signe (la Chine) et celui du continent du Rythme (l’Afrique). C’est la rencontre de la Chine, précurseur et grand vainqueur de la mondialisation avec l’Afrique, la dernière frontière de la croissance économique mondiale.


 

 

*Siré SY, CEO Africa WorldWide Group
www.africaworldwidegroup.com

Share Button