imageLa Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB) sera au menu lors du sommet Afrique -Chine qui se tient jeudi et vendredi à Johannesburg.
L’institution qui sera inaugurée à la fin décembre arrivera-t-elle à contrer l’influence de la Banque Mondiale en Afrique et dans le monde?
Au vu des chiffres, il faudra attendre encore longtemps. Car, selon ses dirigeants, la nouvelle banque chinoise de développement prêtera de 10 à 15 milliards de dollars par an (les prêts seront en dollars) pour les cinq à 6 premières années de fonctionnement. C’est beaucoup comparé aux 1,2 milliard de dollars d’investissements chinois en Afrique enregistré sur les 6 premiers mois de l’année en cours (en baisse de 40%) mais c’est encore loin du niveau de la BM.

Pour rappel, la Banque Mondiale a accordé 65,6 milliards de dollars de prêts (dons, prises de participations et garanties) sur le seul exercice 2014. A elle seule, l’Afrique a absorbé 20 milliards de dollars de ses prêts. C’est dire du rapport de force nettement défavorable à la banque chinoise.
Celle-ci incarne néanmoins l’alternative aux yeux des pays en développement et de certains grands alliés des USA qui militent pour un nouvel ordre mondial au sein des institutions de Bretton Wood et pour des conditionnalités plus souples. Depuis sa création, l’AIIB a attiré 50 pays dont l’Australie, la Grande-Bretagne, l’Italie, les Philippines et la Corée du Sud. L’Egypte est à ce jour le seul pays africain membre de cette banque.
Celle qu’on surnomme la «nouvelle Banque mondiale bis» sera pilotée par Pékin qui en détient 26,06% des droits de vote et 30,34% des participations.

C’est donc fort à propos que Washington, oubliant sans doute son droit de veto à la Banque Mondiale, dise craindre que l’AIIB ne soit un instrument au service de l’Empire du Milieu.
Passé l’argument volume, la différence entre les deux entités viendra de l’agilité, un critère qui n’est pas le fort de la Banque Mondiale. En 2014, la Banque Européenne d’Ivestissement  (BEI) a accordé deux fois plus de prêts que la reine des institutions de Bretton Wood alors qu’elle en compte six fois moins de staff. Est-ce à dire que la Banque Mondiale et ses 9000 employés est en sureffectif ?

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