L’Afrique notre richesse, notre avenir, notre responsabilité

Depuis le début du millénaire, l’Afrique est lune des régions à la plus forte croissance économique. Elle a connu cette dernière décennie une croissance dépassant 5% par an pour lensemble du continent.

Plusieurs pays d’Afrique ont défini des politiques de développement économique et social qui promettent l’émergence à un horizon de 10, 20 voire 30 ans.

La Banque Africaine de Développement, la Commission des Nations-Unies pour l’Afrique et l’Union Africaine ont défini un « Agenda 2063 » pour une transformation de l’Afrique.

Cest dans cet esprit quest lancé « AFRICA 2025 »

Quelle vision, quelle politique économique, quel rééquilibrage social, quelle sécurité, quels enjeux culturels, quel modèle de société pour notre Afrique dici 2025, voilà en somme les axes de réflexions qualimentera AFRICA 2025 nouveau think tank pour une Afrique qui pilote son développement et qui fait de la création de richesse un enjeu de développement humain. Organisé par Casa Media Partners et AllAfrica Global Media, AFRICA 2025 se présente comme un cycle de conférences sur les stratégies économiques et sociales pour accélérer lémergence des pays africains dans les dix prochaines années.

La fiscalité au cur de la 1ère édition dAFRICA 2025 à Casablanca

Autour du thème « enjeux des politiques fiscales dans la transformation de l’Afrique à l’horizon 2025 », cette première rencontre d’AFRICA 2025 sest tenue, en présence du Wali de la Région du Grand Casablanca Settat, Khalid Safir, les 23 et 24 novembre 2015 au Casablanca Hyatt Regency avec la participation de plus de 200 professionnels des secteurs publics et privés des pays de l’UEMOA, l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine et leurs collègues marocains.

A l’ouverture des travaux, le Ministre de l’Economie et des Finances du Maroc, Mohamed Boussaid, par la voix du Directeur Général des Impôts, Omar Faraj, a indiqué que : « Cette transformation est le résultat dune forte volonté politique des dirigeants africains qui ont initié des réformes courageuses et lancé des programmes d’investissement ambitieux pour combler les déficits en infrastructures sociales et économiques. Pour la réussite de cette transformation, il est une évidence que la politique fiscale est un levier majeur et déterminant.» Et ajouté que « Le modèle de politique fiscale au Maroc a toujours cherché à prendre en compte la relation entre la baisse de la pression fiscale et l’incitation à l’épargne et l’investissement. Cest dans ce sens que le Maroc a procédé progressivement à l’allègement du taux dimpôts sur les sociétés de 45% à 30% et du taux marginal de l’impôt sur le revenu de 52% à 38%. [] Mais l’économie informelle pèse considérablement sur l’attractivité de notre climat des affaires et menace aujourdhui notre compétitivité économique. Le Maroc est préoccupé par ce phénomène très répandu sur le continent africain. »

Au programme de la première édition dAFRICA 2025 des panels de qualité et des recommandations

Limpact des politiques fiscales sur le développement des entreprises, la pression fiscale et le développement du secteur informel, les stratégies à déployer pour optimiser la fiscalité nationale, la lutte contre la fraude, le commerce illicite, le banditisme, le terrorisme et l’insécurité en Afrique étaient au centre des discussions de ces deux jours.

Le point marquant des panels tient au caractère commun dun grand nombre de problématiques reconnues et de recommandations manifestées par les différents pays représentés, à savoir :

Simplifier les lois et règles en matière fiscale pour une meilleure lisibilité pour lentreprise, pour lutter contre la fraude et intégrer des entreprises dans le secteur formel ;

Elargir lassiette fiscale en appliquant des taux bas, reprenant ainsi la recommandation du Dr Laffer, ancien conseiller économique de Ronald Reagan. La Flat tax ou impôt à taux bas (entre 25 et 30%) est une manifestation de l’harmonisation préconisée par lUEMOA auprès de ses Etats membres ;

Généraliser les systèmes d’informations pour plus de transparence ;

Renforcer les moyens et des méthodes de contrôle et pénaliser les infractions liées au commerce illicite et aux bandes organisées ;

Encourager l’ouverture des administrations fiscales à la discussion avec les opérateurs économiques. Cest un vrai pas non seulement vers une meilleure compréhension et application de la fiscalité et aussi vers une confiance plus marquée entre l’administration et les contribuables. Rappelons que la défiance à légard des administrations est une des causes de prolifération des activités informelles ;

Développer le civisme fiscal élément clé de la réussite de la transformation des économies africaines et des réformes fiscales qui leur sont liées.

Renforcer les politiques publiques visant à régulariser lactivité économique informelle et ouvrir des discussions avec les acteurs de linformel notant quen Afrique, le poids de ce secteur, sa réalité aussi bien sociologique qu’économique en fait peut être un élément avec lequel compter et sur lequel sappuyer pour permettre le développement des économies visant l’émergence.

Il est apparu que la définition de l’informel demeure difficile à appréhender. De la micro-entreprise faisant vivre essentiellement son promoteur et sa famille à l’entreprise fraudant sciemment tout ou partie des règles sociales, fiscales et juridiques applicables en passant par l’entreprise exerçant des activités illicites, les réalités sont très diversifiées. Le contexte sécuritaire actuel démontre, hélas, que les problématiques liées à l’informel délictueux ont des répercussions bien plus larges que celles de l’insuffisance des recettes fiscales ou celles de la baisse de compétitivité des entreprises.

Sans oublier les zones de développement de l’insécurité en Afrique 

L’insécurité et l’instabilité restent préoccupantes dans le Sahel. Cette zone demeure sous hautes pressions de l’action combinée des mouvements djihadistes et des trafiquants en tous genres : cigarettes, armes, drogues, pétroles, humains… Les spécialistes de la région ont confirmé le lien entre informel et commerce illicite dune part et activités terroristes dautre part : trocs, mêmes routes empruntées, mêmes individus, groupes impliqués… Pour eux, la situation en Libye est la plus inquiétante et devrait être surveillée de près dans les mois et années à venir. A cet égard, face à des criminels de la plus haute dangerosité, la coopération se doit non plus seulement concerner des acteurs nationaux mais également tous les acteurs de la région dans lensemble des pays de lAfrique de lOuest et du Nord.

Objectif : réformes structurelles

En guise de conclusion, il est apparu clairement que les réformes fiscales dont l’Afrique a besoin ne sont pas des reformes isolées ou sectorielles. Au contraire, il sagit de concevoir et mettre en uvre des reformes structurelles dépassant le simple cadre de la fiscalité au sens strict. La question du consentement de l’impôt et de l’éducation a été prégnante dans les propos de nombreux intervenants. En ce sens, le développement du civisme notamment fiscal a été unanime. Un regard différent a été porté sur le secteur de l’informel. Ce nest plus seulement la conjonction des personnes mal formées ou fraudant massivement les règles communes. Ce nest plus seulement une menace grave pour la santé publique ou la sécurité des personnes à travers les contrefaçons et autres produits de contrebande. Cest aussi une mode dintégration dans l’économie et un mode d’expression de la créativité entrepreneuriale. Sans pour autant encourager le développement de l’informel, il peut être aussi intéressant de l’envisager de manière constructive et inclusive plus que de manière stigmatisante et excluante. En la matière, comme en matière de fiscalité, il ne faut jamais oublier qu’avant tout, derrières ces notions souvent abstraites et immatérielles, il y a des hommes et des femmes.

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