imageMohamed Ould Debagh, ex Président du Conseil d’Administration de la défunte compagnie aérienne privée Mauritania Airways (mauritano-tunisienne), vice-président du Groupe BSA (propriété du banquier Mohamed Ould Bouamatou) a déposé trois (3) plaintes contre des hauts fonctionnaires de la chaîne judiciaire (police et justice) le 10 novembre dernier.
Il vise notamment le commissaire à la retraite, Fodé Dramé, ex responsable de la police chargée des investigations sur les infractions à caractère économique, le commissaire Sidi Ould Baba El Hassan, Directeur de la Sûreté d’Etat (DES), Cheikh Baba Ahmed, ex procureur de la République prés le tribunal régional de Nouakchott.
Le plaignant accuse l’ex directeur de la police chargée des investigations sur les infractions à caractère économique « de faux et usage de faux en écriture publique ». Il lui reproche notamment « la falsification » du procès verbal d’audition établi dans le cadre de l’enquête préliminaire ayant précédé son placement en détention début 2013.
Quant au responsable de la police politique et au magistrat, l’ex PCA soutient qu’ils ont été les instigateurs de la détention « arbitraire » dont il a été victime entre le 05 février et le 09 mai 2013, pour avoir eu un tête à tête de plus de 4 heures d’horloge le jour de son placement sous mandat dépôt.
L’arrestation de Mohamed Ould Debagh a été précédée d’une procédure de mise en liquidation de la compagnie aérienne Mauritanie Airways par le tribunal de commerce de Nouakchott. Mesure prise que tous les responsables tunisiens, véritables gérants de la société, se sont volatilisés dans la nature
Décidées « à enquêter sur les conditions de faillite » de la compagnie, les autorités mauritaniennes prennent alors un raccourci en visant le PCA.
Peu importe le fait que ce responsable soit dépourvu de prérogatives en matière de gestion.
Mohamed Ould Debagh se retrouve dans les liens d’un chapelet d’accusations «dissipation d’actifs, non tenue de comptabilité régulière faillite frauduleuse…». Il est placé en détention provisoire pendant 3 mois et 6 jours.
Pourtant au cours de son audition préliminaire, il a clairement expliqué aux enquêteurs n’avoir jamais eu à gérer la compagnie aérienne en faillite, se cantonnant exclusivement à sa qualité de PCA.
Une seule fois il a demandé à Mauritanie Airways de transporter des troupes dans des circonstances particulières. C’était pendant les affrontements entre l’armée nationale et des groupuscules terroristes islamistes en territoire malien en 2010, avec à la clé une facture entièrement réglée par les deniers du Groupe BSA.
Mais au-delà des arguments portant sur la forme et le fond de ses différentes plaintes, les chances d’aboutissement de la démarche de l’ex PCA de Mauritanie Airways sont nulles. On a la quasi certitude qu’elles seront classées sans suite.
Mais l’intérêt de sa stratégie sur le plan du droit, est de permettre « une interruption des délais de prescription » explique un avocat proche du dossier.
Par ailleurs, au même moment, la Fondation Bouamatou (présente dans le domaine de la lutte contre la cécité grâce à un hôpital ophtalmologique de référence) compte assigner en justice l’ancien gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie (BCM), et actuel ministre des affaires économiques et du développement.
L’institution soutient avoir été privée il y a quelques années, d’un virement de 400 millions d’ouguiyas, soit plus d’un million d’euros, don provenant des dividendes de l’homme d’affaires et banquier, Bouamatou, dans le cadre de l’exploitation de la Mauritano Tunisienne des Télécommunications (MATTEL).
Une enveloppe bloquée depuis lors par la BCM « sans explication ».
Au rayon de la série des différents entre le Groupe BSA et les administrations publiques, figure également le conflit entre le fisc et la Compagnie Générale d’Automobile (CGA)-concessionnaire des véhicules Nissan et Volvo, fermée depuis quelques mois.
Une autre affaire pendante devant la justice.
Ainsi, l’action combinée du vice président de BSA contre le commissaire à la retraite, le DES et l’ancien procureur de la République, apparaît comme un nouvel épisode dans la guerre sans merci que se livrent 2 ex alliés, le président Mohamed Ould Abdel Aziz et le banquier Mohamed Ould Bouamatou, en exilé doré à Marrakech (Maroc) depuis prés de 4 ans.
SA.

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