Un grain de sable dans le projet de « Boucle ferroviaire » africaine du groupe français Bolloré ? Selon des documents judicaires examinés par Reuters, une entreprise concurrente, Geftarail, a déposé ce 5 novembre une requête auprès de la Cour internationale d’arbitrage à Paris afin de bloquer les travaux sur une section du projet reliant le Benin et le Niger. 

Dans les faits, Geftarail, dont est proche l’ex Premier ministre français, Michel Roccard,  revendique l’initiative de la reprise du projet de liaison ferroviaire entre les ports d’Abidjan et de Cotonou (traversant le Burkina et le Niger), dans le prolongement des lignes existantes; une vieille idée de l’ère coloniale abandonnée depuis les années 30. L’entreprise entend faire valoir des droits de concession sur la construction du tronçon entre le Benin, le Niger et le Burkina, une concession accordée, clame-t-elle, par les États concernés en 1999. L’accord qui va connaître une avancée en 2002 lorsque ces États créent, avec la société d’ingénierie française, une entité commune, Africarail, chargée de construire la ligne ferroviaire entre les villes de Kaya (Burkina), Niamey (Niger) et Parakou (Benin).

Mais Africarail tardait à entamer les travaux faute de mobiliser les 10 milliards d’euros estimés nécessaires au projet, après avoir convié à son tour de table, en 2011, des partenaires dont un certain … Bolloré. Sauf que quatre ans après, ce dernier lance son projet de « Boucle ferroviaire » long de 3 000 kilomètres devant emprunter le même parcours après avoir obtenu un accord avec les gouvernements béninois et nigérien.

Dans sa requête, Geftarail dénonce la décision de ces Etats « d’autoriser le groupe Bolloré à construire et exploiter une partie du chemin de fer du projet Africarail, en violation des droits concédés », rapporte le magazine français Challenges qui cite le dossier ; et espère obtenir la suspension des travaux, poursuit la source.

Michel Bosio, le dirigeant de Geftarail, explique à Reuters : « La solution que nous proposons est que, au lieu de le faire seul et en violation de nos droits, nous créons un consortium ensemble pour obtenir un financement pour ce projet de développement important ».

Du côté de Bolloré, l’on estime que « si des engagements ont été pris préalablement par les Etats, le Groupe Bolloré n’est pas directement concerné par cette procédure », affirme un porte-parole du groupe cité par Challenges.

Bolloré avait indiqué fin octobre, avoir entamé des démarches en vue d’une introduction en bourse dans le courant du premier semestre 2016 du projet. L’idée étant de lever entre 2 et 2,5 milliards d’euros nécessaires au projet qui devrait être opérationnel en 2022. Un délai qui pourrait bien être retardé.

 

 

 

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