imageAu terme d’une intense succession de travaux, rapports et modélisation, le 4ème congrès des économistes africains, tenu à Accra du 16 au 18 novembre 2015, a accouché de 36 recommandations adressés à l’Union Africaine, aux Communautés économiques régionales (CER) et aux Etats. La libre circulation des personnes et des biens figure en bonne place dans ces recommandations fortes faites sous la direction de Dr Kouassi René N’guesssan (photo), directeur des Affaires économiques de l’Union Africaine. En voici la substance. 

Six recommandations au titre de la prévisibilité de l’environnement politique et institutionnel

 

1- Promouvoir la solidité institutionnelle et la gouvernance démocratique pour prévenir l’instabilité et les violences nationales ou régionales.

2- Tirer les leçons des échecs passés en matière de politiques industrielles mises en œuvre depuis 1960 et mettre en œuvre des politiques alternatives conçues par les africains pour les africains.

3- Mettre en place des conditions d’attractivité et de compétitivité : efficacité gouvernementale, qualité de l’administration publique, transparence, recevabilité , lutte contre la corruption.

4- Les Etats, dans le cadre des CER, devront définir une vision, de véritables politiques et stratégies industrielles à long terme.

5- Mise en place des indicateurs sociaux relatifs à la santé et à l’éducation.

6- Faire approuver par les parlements toutes les transactions sur les patrimoines nationaux (privatisation, contrats de concession, partenariats publics privés, contrats d’exploitation des ressources naturelles). Renégociation des contrats à la demande des parlements .

 

Six recommandations sur les déterminants de l’industrialisation en Afrique

 

7-Les Etats et les CER sont incités à mettre en place des politiques industrielles dynamiques fondées sur le dialogue public -privé.

8- Les CER sont encouragés à promouvoir la diversification des structures productives et des exportations sur la base des avantages comparatifs et compétitifs.

9- La production de l’énergie sous toutes ses formes et en abondance, dans une approche de coopération régionale, est prioritaire pour réduire les coûts industriels et accroître la compétitivité.

10- Les Etats doivent accroître leur capacité d’absorption technologique (taux d’investissement, densité et qualité des infrastructures, R&D).

11- Réduction des inégalités sociales

12- Réexamen de la nature des IDE pour un meilleur profit aux populations africaines.

 

 

Six recommandations au titre du rôle de l’industrie dans la transformation économique de l’Afrique

 

13- L’UA, les CER et les Etats doivent redéfinir les critères d’évaluation des performances des économies africaines. Les principaux enjeux se situent au niveau du secteur manufacturier, des capacités productives et des compétences agglomérées.

14 – Les pays devraient définir des trajectoires et méthodologies industrielles prenant en compte les besoins spécifiques des populations en rapport avec les exigences de la mondialisation.

15- L’agro-industrie, l’une des forces motrices de l’industrialisation de l’Afrique. Les Etats invités à rendre effective la décision de Maputo en 2003 les engageant d’allouer au moins 10% de leur budget annuel à l’Agriculture.

16- Promouvoir dans les zones d’approvisionnement des agro-industries, la production d’une gamme appropriée d’espèces et de variétés arrivant à maturité pendant des saisons différentes.

17- Mettre l’accent et des budgets substantiels sur la promotion de l’entrepreneuriat et des compétences managériales et stratégiques pour soutenir le développement des capacités productives en Afrique, en association avec les pays émergents.

18- Les Etats doivent utiliser l’économie numérique et du savoir à travers les TIC comme effet de levier

 

 

Sept  recommandations au titre de la performance économique et de l’intégration régionale

 

-19 -Mise en place des observatoires de progression de l’intégration au niveau continental et régional pour préparer l’avènement du marché unique africain et de la monnaie commune.

20- La libre circulation des personnes et des biens à travers l’Afrique doit constituer l’un des indicateurs de progression vers l’intégration continentale et régionale.

21- Création des pôles de compétitivité dans les sous-région en tenant compte des avantages comparatifs compétitifs de chaque pays.

23- Mise en place par les CER d’un tableau de bord économique prenant appui sur les critères de convergence macroéconomique, de convergence industrielle, proportion du PIB consacré à la R&D,part des produits manufacturés dans les exportations, part des échanges intra-zones etc.

24- L’UA, en collaboration avec la CEA (UNECA) et la BAD pourrait mettre en place un tableau de bord de suivi industriel des pays et formuler des conseils appropriés.

25- L’intégration régionale, le moyen le plus efficace pour amorcer les implantations d’industries lourdes.

 

Six recommandations au titre du financement de l’industrialisation

 

-26: Les Etats de l’UA doivent accélérer la signature et la ratification des protocoles créant la Banque Centrale Africaine (BCA), le Fonds Monétaire Africain (FMA) et la Banque Africaine d’Investissement (BAI) afin d’avancer rapidement vers la monnaie commune.

-27: L’UA, les CER, les Etats, la BAD et la CEA devraient engager une campagne continentale et mondiale favorisant la mobilisation des ressources domestiques et la lutte contre les flux financiers illicites.

28- Favoriser l’accès au crédit aux populations africaines, développer et diversifier les instruments de financement, engager la spécialisation bancaire notamment les banques publiques communautaires en complément des banques privées, banques de développement, banques agricoles. Etc

29- Pour pallier à l’absence de garantie, les Etats devraient faire des efforts pour rendre plus complètes les informations sur les actifs immobiliers et faciliter l’accès à ces informations. Cela permettra de réduire le coût de la surveillance et donc le coût du crédit.

30- Étant donné que le financement à long terme de l’industrialisation est difficile à obtenir, on pourrait envisager de concevoir un mécanisme de financement court à l’échéance renouvelable.

31- Mise en place d’un fonds africain pour accélérer l’industrialisation de l’Afrique venant en appui au développement des capacités productives.

32- L’un des critères de convergence industrielle pourrait consister à réaffecter systématiquement une proportion du revenu national et en particulier des rentes tirées des ressources naturelles au financement de l’acquisition de contenus technologiques et de savoir-faire pour la transformation structurelle du secteur industriel africain.

 

 

 

Quatre recommandations au titre du renforcement de la recherche économique et sociale en Afrique

33- L’UA, l’ACBF, les CER et les Etats membres doivent promouvoir la recherche dans les domaines clés ayant une incidence sur la transformation économique et sociale de l’Afrique.

34- L’UA, l’ACBF, les Etats et les centres de recherches universitaires doivent produire un rapport économique sur l’Afrique : Dynamique des Économies Africaines.

35- L’UA en collaboration avec les CER devrait mettre en place une plateforme continentale : Forum Africain des Centres de Recherche Economique et Sociale pour contribuer à la maturation du débat.

36- L’UA en collaboration avec l’ACBF devrait mettre en place un think tank continental dénommé « Centre Africain de Recherche et Analyse Économique et Gestion ». Ce centre mènera des études afin d’éclairer la décision publique sur les problématiques entravant le processus de transformation économique et sociale.

Share Button