imageLa République Démocratique du Congo (RDC) est à l’Afrique ce que la Chine est à l’Asie. Un géant naguère au centre des enjeux géostratégiques entre l’Est et l’Ouest comme la Chine fut autrefois objet de convoitise entre les anglo-américains et les japonais.

 

 

Mais si l’Empire du Milieu a fini par se réveiller entraînant l’Asie dans son sillage, L’ex Zaïre, lui, se débat encore sous le feu des seigneurs de guerre et trafiquants de tout poils, en col blanc et en treillis, qui pilulent le long de sa frontière Est.

De la capitale de la révolution culturelle africaine aux accents de Rumba qu’elle fut, Kinshasa garde encore quelques statues (Lumumba, Kabila) qui tentent de survivre sous l’ombre des building et ouvrages, fruits de la coopération chinoise.

 

Seul bémol, ces résultats égrenés par le premier ministre restent soumis à des cours de de cuivre et de métaux de base en chute libre. Du coup, le pays qui tablait sur une croissance de 10,4% en 2015 se voit contraint de plafonner ses espérances à 8 %. Le revenu par habitant, en hausse continue depuis 2002, est encore trop bas (805 dollars) pour changer le quotidien des kinois.

 

 

La ville grouille de projets, bien loin de l’image d’inertie que donne du pays le dernier classement FMI. Le Congo revient de loin comme le rappelait son premier ministre, Matata Ponyo Mapon, en marge de la conférence économique africaine tenue à Kinshasa du 2 au 4 novembre 2015. «Le revenu par habitant avait fléchi de plus de la moitié entre 1990 et 2001. En moyenne annuelle, le taux d’inflation a été de 843.2%». Aujourd’hui, le pays du Lingala a brisé l’hyperinflation, unifié le taux de change, renoué avec la croissance et amélioré sa positon extérieure.

 

Seul bémol, ces résultats égrenés par le premier ministre restent soumis à des cours de de cuivre et de métaux de base en chute libre. Du coup, le pays qui tablait sur une croissance de 10,4% en 2015 se voit contraint de plafonner ses espérances à 8 %. Le revenu par habitant, en hausse continue depuis 2002, est encore trop bas (805 dollars) pour changer le quotidien des kinois.

 

La faible pression fiscale (passée de 0,3% du PIB en 2000 à 14% en 2014), la faible bancarisation de la population (en dépit de l’obligation prise en 2011 de virer la paie des fonctionnaires et corps militaires dans un compte bancaire) et l’absence de liaisons suffisantes entre la capitale et les provinces freinent le décollage de ce géant aux pieds d’argiles. Sous l’ére du président Joseph Kabila, la lutte contre la corruption est inscrite au rang des priorités.

 

Les routes praticables sont passées certes de 4 500 km en 2006 à 21 000 km en 2014. L’asphaltage, au rythme de 80 km par an contre 28 dans les années 60, évolue à une cadence trop lente pour une transformation économique qui tirerait la majorité des congolais du seuil de pauvreté.

 

 

Sur ce terrain glissant, les progrès sont laborieux mais réels. La publication de tous les contrats miniers et la déclaration de la RDC pays conforme à l’ITIE en 2014 témoignent de cette volonté de rompre avec le passé. S’il se morfond encore dans les profondeurs du classement Doing Business, le Congo n’en reste pas moins dans le top 10 des plus grands réformateurs au monde. Avec sa superficie de 2,3 millions de kilomètres carrés, soit la moitié de celle de l’Union Européenne, la RDC doit investir dans les infrastructures pour renforcer le lien national.

Les routes praticables sont passées certes de 4 500 km en 2006 à 21 000 km en 2014. L’asphaltage, au rythme de 80 km par an contre 28 dans les années 60, évolue à une cadence trop lente pour une transformation économique qui tirerait la majorité des congolais du seuil de pauvreté.

Le lancement récent de la compagnie Congo Airways augure d’un nouveau départ. L’espoir réside cependant dans l’éducation des enfants. Le taux brut de scolarisation qui dépasse les 90% laisse entrevoir l’éveil prochain d’une nouvelle génération. Mais si elle veut émerger en 2030, la RDC doit urgemment rétablir le monopole de la violence légitime dans les mains de l’Etat, renforcer les institutions et la gouvernance et mettre fin à l’immense entreprise de pillage de ses ressources. Des paramètres résumés par la formule du premier ministre, à savoir RP= LF + BG. Ou encore, en langage plus simple, Réduction de la pauvreté= leadership fort + bonne gouvernance.


 

Adama Wade

(Retrouver cet édito dans le Financial Afrik numèro 23 à paraître le 15 novembre).