2015-11-06-13-29-26-1951855977Le Sénégal abrite depuis le 5 novembre, une rencontre régionale sur l’agroécologie en Afrique Subsaharienne. Ce symposium de 2 jours s’inscrit dans une dynamique de vulgarisation des bonnes pratiques existantes dans l’agroécologie dans la région, mais également d’identifier les challenges afin de les surmonter. Prenant part à cet événement, docteur Macoumba Diouf, directeur général de la direction de l‘horticulture du Sénégal lève un coin de voile sur l’importance de l’agroécologie en Afrique notamment au Sénégal.

L’agroécologie fait débat depuis 2 jours au Sénégal, en tant que DG de la direction de l’horticulture, qu’est ce que vous en pensez ?

Je me réjouis de l’attention portée sur l’agroécologie mais aussi sur le choix du Sénégal pour l’organisation de cette rencontre régionale. Le Sénégal fait parti des 23 pays à avoir réalisé la première partie des objectifs du millénaire pour le développement (OMD), ce qui a été déterminant dans le choix du pays pour abriter ce symposium. Non sans oublier, que le Sénégal a aussi fait des avancées significatives dans ce domaine.

Le thème, l’agroécologie pour produire plus et mieux, c’est plus que pertinent. Pourquoi est-ce un passage obligé ? On a dit que d’ici 2050, on sera prêt de 2 milliards d’africains à nourrir, cela veut dire qu’il faudra produire plus et on ne peut étendre nos superficies. Il devient ainsi nécessaire d’augmenter nos capacités de production, en repensant nos approches de production, tout en les rendant plus naturelles pour le respect de l’environnement. Avec l’agroécologie, on respecte mieux l’environnement en commençant par le sol, le premier support de production, la plante mais aussi les micro-organismes et tout ce qui est vivant dans le système de production. C’est une forme d’agriculture qui permet de produire mieux avec moins d’investissement et plus de qualité alimentaire. En termes de compétitivité, les produits biologiques coûtent trois fois plus chères que les produits conventionnels, ce qui est une aubaine pour les producteurs. C’est une véritable niche. Avec l’agroécologie, non seulement on préserve l’environnement mais également on gagne plus.

Quelle place occupe l’agroécologie au sein la Direction de l‘horticulture?

L’agroécologie est une méthode agricole très pertinente pour nous de l’horticulture. Nous sommes à 85.000 tonnes de produits horticoles exportés à l’étranger favorisant une entrée de 50 milliards de F CFA dans notre pays. L’horticulture est le seul sous secteur de l’agriculture à faire ces performances. Celles-ci pourraient être à 100 ou 150 milliards si on avait des produits horticoles biologiques. Cette approche devrait d’avantage être appliquée dans l’horticulture. Parce qu’il n’ya que le secteur de l’horticulture qui exporte dans ce pays, l’arachide est encore marginalisé. Donc cette rencontre sur l’agroécologie à Dakar nous est destinée nous qui évoluons dans l’horticulture.

Peut on arrivé a exporter de grande quantité avec cette forme d’agriculture ? 

Oui certainement, aujourd’hui le monde tient tellement aux questions de santé humaines au point que les produits bio sont très prisés par les populations. Cela veut dire que les pays qui ont un pouvoir d’achat élevé, vont vers les produits bios. Le marché existe et il est plus que compétitif.

Le marché des produits bios n’est-il pas méconnu ?

Pas forcement, c’est seulement que ceux qui consomment ces produits ne sont pas nombreux, et le produit est rare. Aujourd’hui même si le Sénégal parvenait à avoir un pouvoir d’achat élever, on ne trouvera pas de trouvers produit bio à suffisance. Il nous faut donc une approche de production standardisée appliquée par la majorité des producteurs.

Quelle orientation peut donner la direction de l’horticulture pour promouvoir l’agroécologie ?

L’année dernière à Tamba, nous avions commencé à expérimenter la banane bio. C’est donc que, nous sommes entrain de promouvoir l’agro-écologie. Nous encourageons les producteurs horticoles qui fournissent des produits bios destinés à l’exportation. La Direction va les soutenir avec des appuis techniques. A l’issu de ce forum, nous comptons relancer le gouvernement sénégalais ainsi les partenaires financiers pour accélérer les projets et programmes misant sur les produits bios.

Ce contenu pourrait également vous intéresser