imagePour Steve Kayizzi-Mugerwa, économiste en chef et vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement, la BAD travaille sur cinq priorités pour aider les pays africains à atteindre les objectifs de développement durable.

«Les cinq grandes priorités stratégiques de la Banque, appelées les « High-5 », sont : éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie ; nourrir l’Afrique ; industrialiser l’Afrique ; intégrer l’Afrique ; et améliorer la qualité de vie des ménages africains», a déclaré M. Kayizzi-Mugerwa dans son allocution en marge de la 10ème conférence économique africaine qui se tient à Kinshasa du 2 au 4 novembre 2015.

Dans le secteur de l’énergie, la Banque vient de lancer un nouveau Pacte pour l’énergie en Afrique qui renforcera et développera à grande échelle les initiatives en cours, en puisant dans un portefeuille actif de quelque 10 milliards de dollars EU.
«Afin de nourrir l’Afrique convenablement, la productivité agricole, tout comme les revenus des agriculteurs, doivent augmenter. La Banque est convaincue qu’il faut considérer l’agriculture comme une entreprise commerciale et non comme un simple moyen de subsistance. La conférence consultative qui s’est tenue à Dakar la semaine dernière a apporté son soutien aux projets de la Banque visant à développer ses activités dans le secteur agricole».

L’intégration régionale a été à l’origine de la création de la Banque africaine au début des années 1960 et nombre de ses projets ont une dimension régionale, rappelle le chef économiste. «Le projet de génération électrique d’Inga, dans ce pays, est un bon exemple de l’ambition de la Banque de stimuler le secteur de l’énergie en le combinant àl’intégration régionale. Une fois terminé, Inga changera effectivement la donne».
Aux yeux du représentant de la BAD à la conférence de Kinshasa, le développement durable de l’Afrique ne pourra se faire sans l’industrialisation du continent. Pour ses investissements, la Banque mettra l’accent sur des projets industriels et le dialogue orienté vers l’élaboration de politiques appropriées. Il faudra dépasser les simples intentions et commencer à dégager des résultats concrets.

L’Afrique, a précisé l’économiste, devra améliorer la qualité de vie de sa population, par la création d’emplois et l’élimination des disparités entre les sexes. La Banque travaillera de concert avec ses partenaires pour mettre en place un mécanisme de 300 millions de dollars destiné à financer des initiatives par le biais d’actions affirmatives en faveur des femmes en Afrique – mécanisme qui permettra de mobiliser jusqu’à 3 milliards de dollars sur les marchés de capitaux – soit dix fois plus.

Cette vision de la BAD s’inscrit dans l’agenda des ODD adopté en septembre 2015. L’absence d’infrastructures adaptées, en particulier dans le domaine de l’énergie, est un obstacle majeur. «Selon des estimations, l’approvisionnement en électricité pour l’ensemble de l’Afrique est équivalent à celui de la Belgique, un pays de 11 millions d’habitants, alors que l’Afrique en compte plus d’un milliard».

Au problème énergétique, s’ajoute celui de l’emploi. L’incapacité des économies africaines à intégrer les millions de jeunes Africains qui entrent sur le marché du travail chaque année constitue une menace sérieuse à la cohésion sociale, et affaiblit le potentiel du continent.

L’Afrique, en particulier l’Afrique subsaharienne, doit lutter contre l’extrême pauvreté. En Afrique subsaharienne, plus de 40% de la population survit avec moins de 1,90 dollar EU par jour. De fait, 30% des personnes les plus pauvres au monde vivent en Afrique.

Face à tant de défis, les expressions formulées pour décrire l’Afrique, telles que «l’essor de l’Afrique», ou «les lions africains» ne vaudront pas grand-chose si elles ne sont accompagnées d’efforts nationaux crédibles visant à éradiquer la pauvreté et veiller à une distribution plus équitable des revenus et des opportunités,a précisé l’économiste de la BAD. «Des Pères et des mères africains veulent, de plus en plus, voir leurs enfants souffler leur première bougie d’anniversaire; la malnutrition doit quant à elle être reléguée au passé».

Share Button