Sanctionné au Nigéria pour n’avoir pas déconnecté à la fin août les cartes SIM non identifiées, la filiale locale de l’opérateur MTN a écopé d’une amende record de 5,2 milliards de dollars, représentant une fois et demie les bénéfices de toute une année de l’ensemble du groupe. 

La sanction infligée par la Commission nigériane des communications (NCC) dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et les activités criminelles, a des répercussions jusqu’en Afrique du Sud où le groupe, présent dans une vingtaine de pays en Afrique et au Moyen-Orient, est coté à la Johannesburg Stock Exchange. Selon Reuters, le cours de MTN s’est effondré de 17% depuis le début de la semaine et le régulateur boursier sud-africain a épinglé la multinationale pour n’avoir pas officiellement informé à temps le marché conformément à la règlementation en vigueur au regard du montant en jeu.

Egalement, les agences de notations Moody, Standard & Poor’s et Fitch, craignant des effets négatifs sur la situation financière du groupe, le Nigéria étant son principal marché avec 60 millions d’abonnés, ont revu à la baisse leurs appréciations. Moody a ainsi fait passer la perspective de sa note Baa2 à « négative » en raison « du potentiel de détérioration des paramètres de crédit et du profil de liquidité du groupe », idem pour Standard & Poor’s. Le dernier a dégradé la note de BBB à BBB-.

Des négociations en cours, confirmées par le porte-parole de la NCC Tony Ojobo cité par Reuters, porte notamment sur le report du délai de paiement fixé au 16 novembre prochain et la réduction de la sanction. Toutes choses qui devraient mettre du temps et affecter les opérations de MTN dans le pays.

Selon NCC, MTN Nigéria n’avait pu effectuer jusqu’au 31 août – délai fixé pour l’enregistrement nominal de toutes les cartes SIM – l’identification encore moins résilié l’abonnement de 5,2 millions de cartes. Une « attitude » qui a été sanctionnée par une amende de 1 000 dollars US pour chaque puce non enregistrée.