« Nous continuons de percevoir les fortes contraintes de la conjoncture actuelle et nous prévoyons des résultats 2015 nettement inférieurs aux prévisions, mais relativement stables à parité constante du dollar » a déclaré Ade Ayeyemi, le directeur général du groupe Ecobank, dans une note adressée aux marchés financiers à l’occasion de la présentation des résultats financiers du groupe bancaire à fin septembre.

Présent dans 36 pays africains, l’institution, qui avait réalisé 434 millions de dollars de bénéfice net en 2014, en hausse de 144%, attend donc de reconduire ce résultat sans plus. En cause, « un environnement d’exploitation difficile en Afrique subsaharienne au cours » qui se traduit dans les performances des trois premiers trimestres. Ecobank a en effet enregistré un bénéfice net de 305,7 millions de dollars (180,4 milliards de francs CFA), en recul de 5% sur la même période en 2014, grâce, assure-t-il « la force de notre modèle d’affaires panafricain diversifié ».

Dans le détail, le président du groupe explique cette baisse de performance principalement par « des effets défavorables des taux de change, des pertes opérationnelles et des provisions constatées au troisième trimestre ». Le tableau financier en fin septembre présente par exemple, une hausse des indicateurs une fois libellés en francs CFA, un effet induit par la hausse continue du dollar par rapport Francs CFA via l’Euro (et à certaines monnaies locales comme le Naira) depuis le début de l’année. A titre d’illustration, le bénéfice net connaît une hausse de 15% (à 180,4 milliards de FCFA par aux trois premiers trimestres de 2014 qui se chiffrait à 156,8 milliards) sur la base des chiffres libellés en francs CFA.

Au chapitre des points positifs, relève-t-il, « nous avons enregistré une bonne croissance des prêts dans nos activités de banque de Grande Entreprise (hors effets de change), et malgré la baisse des dépôts dans notre pôle d’activité Banque de Détail, nous avons augmenté la part des dépôts à faible coût dans la composante des dépôts ». Malgré une « croissance du chiffre d’affaires très difficile vu le contexte actuel, nous continuerons à nous concentrer sur l’amélioration de l’efficience opérationnelle » à travers la poursuite des investissements « dans des initiatives clés de nos branches Transaction bancaires, cartes et activités eBanking » afin de « positionner le Groupe Ecobank pour le succès à long terme ».

Ayeyemi a conclu ses propos en rassurant sur la solidité financière de l’institution : « A fin septembre, nous avons un niveau satisfaisant de capitaux propres avec un ratio Tier 1* capital de 20,6% et le ratio total de fonds propres de 22,8% (suivant Bâle I) ».

 

* Le ratio Tier one (ou Tier 1) exprime le degré de solvabilité d’une banque. La solvabilité d’une banque, c’est sa capacité à rembourser les dépôts de ses clients. Plus cette capacité est grande, plus la banque est solvable.