Même si la croissance économique en Afrique noire demeure l’une des plus dynamique à l’échelle mondiale, il n’en demeure pas moins que « l’activité économique a nettement ralenti » souligne le FMI dans sa dernière étude « Afrique subsaharienne : Faire face à un environnement qui se dégrade ». Estimée à 5% en 2014, la croissance dans cette partie du continent devrait s’affaisser à 3,75% cette année avant de remonter légèrement à 4,25% en 2016.

La baisse des recettes d’exportation, consécutive à la faiblesse des cours des produits de base et la sévérité des ajustements budgétaires qui s’ensuivent, associée au rétrécissement des « amortisseurs extérieurs » avec des conditions financières mondiales défavorables, pèse globalement sur les activités, explique l’institution. Aussi préconise-t-elle d’adapter les politiques économiques à ce « nouvel environnement ».

Ajustement budgétaire

Sur le plan budgétaire, la marge de manœuvre reste faible. L’institution indique que l’ajustement des budgets (à la baisse) est l’option indiquée, pour les pays exportateurs de pétrole notamment, d’autant que la perspective du marché financier est de moins en moins soutenable avec « un durcissement progressif des conditions financières à l’échelle mondiale ». Les Etats doivent donc veiller à « tenir compte à la fois de l’impératif de viabilité de la dette et des besoins de développement.». Il sera aussi essentiel, assure le FMI, de continuer à renforcer la mobilisation des recettes intérieures afin de dégager les ressources additionnelles indispensables pour financer l’investissement dans l’avenir de la région.

Dépréciation monétaire

Au niveau monétaire, Le FMI exhorte les Etats à s’abstenir de tout interventionnisme. « Là où les termes de l’échange se sont nettement détériorés et où le taux de change n’est pas rattaché à une autre monnaie – à l’exemple des pays de la zone Francs CFA – il est important de laisser la dépréciation du taux de change afin d’amortir les chocs », et « toute action visant à résister à ces tensions risque d’engendrer une perte de précieuses réserves » a soutenu Antoinette Sayeh, directrice du département Afrique du FMI dans un communiqué connexe. Une mesure assez impopulaire à laquelle certains pays comme l’Angola et le Nigéria ont dû se résoudre avec 26 % et 17 % de dépréciation de leurs monnaies respectives par rapport au dollar depuis octobre 2014.

Aussi, poursuit-t-elle, la politique monétaire ne devrait ainsi servir qu’à contrer les éventuels effets secondaires sur l’inflation et l’évolution du taux de change et des autres facteurs de hausse. Enfin, il convient de surveiller de près les risques que font peser sur le secteur financier la baisse des cours des produits de base et la dépréciation de la monnaie.

Diversification et compétitivité

En outre, l’étude encourage le continent à s’engager dans la diversification de son économie, « à favoriser de nouvelles sources de croissance », en réduisant la part relative des industries extractives. Ce qui devra passer, note-t-on, par le renforcement de la compétitivité des économies, l’amélioration du climat des affaires, des infrastructures et de l’éducation. Enfin, « la réduction des inégalités, au moyen d’initiatives budgétaires et financières bien conçues ainsi que par la suppression des restrictions légales fondées sur le sexe, pourrait produire des dividendes de croissance appréciables.»

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