Akinwumi-Adesina

 

Au lendemain de la conférence historique (car ce fut une première par son ampleur, par la technicité du débat et par le nombre des ministres des Finances et d’Agriculture, de gouverneurs de banques de développement et de banques centrales, présents ou représentés) sur l’Agriculture, tenue à Dakar, du 21 au 23 octobre 2015, le nouveau président de la BAD a accordé une interview exclusive à Financial Afrik.

L’occasion de questionner l’économiste, le financier et l’agronome sur les nouvelles orientations qu’il entend donner à la Banque Africaine de Développement et sur ce débat de fond de la primauté ou des infrastructures ou l’Agriculture dans les questions de développement.

Autant le dire, Akinwimi Adesina est convaincu que le paradoxe africain n’est pas une fatalité. L’on ne peut pas, martèle-t-il, détenir 65% des terres arables encore disponibles dans le monde et continuer à importer 35 milliards de dollars de denrées alimentaires.

Mais comment pousser l’écosystème financier africain à changer sa perception du risque rattaché à l’Agriculture? Quel mécanisme idoine de partage de risques devrait -on mettre en place pour rendre le risque agricole appétissant pour les banques commerciales, les fonds de garantie, les assurances et les opérateurs de Private Equity ? Quelle plateforme concevoir entre les banques de développement et les banques centrales afin de susciter un engouement vers un secteur qui, estime l’ancien ministre nigérian de l’Agriculture, emploie quatre fois plus que n’importe quel autre secteur?
Ce tropisme sur l’Agriculture ne signifie pas pour autant, assure M. Adesina, le renoncement à l’investissement dans les infrastructures qui ont rythmé le quotidien de la banque au triple A durant ces dix dernières années. «Les ponts, les routes, les ports et les liaisons aériennes sont nécessaires», explique-t-il tout en marquant une nette inclination pour la question de l’Energie. «C’est urgent. Cela ne peut pas attendre. Quelque 620 millions d’africains n’ont pas accès à l’électricité. Nous devons résoudre ce problème».
Cependant, poursuit l’ancien président de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), il y a une recentralisation stratégique à faire par rapport aux infrastructures.Il s’agit de s’intéresser à l’humain, à l’impact des investissements sur la vie des gens et non seulement aux méga-projets. Un changement de paradigme? Retrouver l’interview intégrale dans le mensuel Financial Afrik du 15 novembre 2015.