De tous les sujets traités lors du Forum Citoyen du journal Libération au Gabon, du 9 au 11 octobre, ceux portant sur l’avenir de la jeunesse et, comme s’ils étaient liès, l’avenir du FCFA auront le plus passionné les panélistes et l’auditoire…

 

Le taux moyen de chômage multiplié par dix durant les dix dernières années pousse à s’interroger sur l’absence de corrélation entre la forte croissance enregistrée ces dernières années de Lagos à Addis Abeba en passant par Abidjan et l’état endémique du chômage et de l’extrême pauvreté. «Avoir vingt ans en Afrique est synonyme de vulnérabilité» scande un jeune dans une salle plein comme un œuf. «Oui, il y a un sentiment d’angoisse. Mais il y a aussi du rêve» relativise pour sa part Amadou Diaw, président fondateur de l’Institut sénégalais de management (ISM).

 

Plus explicite encore, Martin Hirsch, actuel directeur général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, dénonce, lui, le paradoxe d’une «génération de diplômés qui émerge en Afrique mais ne trouve pas d’emplois». Faudrait-il comme le soutient Yannick Ebibie, Lauréat du grand prix de l’Excellence (qui distingue les meilleurs entrepreneurs) que cette bombe explose pour que la jeunesse puisse proposer ses propres solutions ? «Non, j’espère que cette bombe n’explosera pas» objecte Daniel Shlosseur, inspecteur d’académie et professeur associé à La Sorbonne qui mise sur une jeunesse africaine, dynamique et entreprenante. Ce qui n’en fait pas moins la jeunesse la plus pauvre du monde avec, comme s’en alarmait justement le prof Shlosser , il y a quelques jours dans une tribune médiatique, 75% qui vivent avec moins de 2 dollars par jour.

 

Des raisons de l’abandon de cette jeunesse, il ne faut pas chercher loin semble dire Didier Acouetey, président d’Afric Search qui regrette que l’engagement politique qui doit faire de la jeunesse le coeur de la stratégie de développement n’a pas lieu. «Il y a plusieurs jeunesses qui ne se retrouvent pas dans le contrat social» estime le fondateur d’Afric Talents. La situation n’est pas pour autant désespérée : «Il est certes vrai qu’il y a beaucoup de problèmes mais il y a aussi des solutions. La jeunesse africaine est décidée à s’impliquer», relève Eric Mikoto, fondateur de Sky Hub Tchnologies. La création de structures d’orientation et d’encadrement comme l’oncubateur mis en place au Gabon est une expérience qui gagnerait à être démultipliée tant les besoins sont immenses.

 

Mais quelque soit la bonne volonté affichée, la résolution de la problématique du chômage n’interviendra, opine M. Acouetey, que dans un cadre régional voir panafricain. «Pourquoi les jeunes gabonais n’iront pas en Guinée Équatoriale occuper les postes vacants et vice versa»s’interroge le chasseur de tête? C’est la peut -être, dans une approche ultra-nationaliste du marché de l’emploi, que réside tout le problème.

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