Organisée les 6 et 7 octobre 2015 à Dakar, la rencontre sur le Dialogue de haut niveau sur les politiques harmonisées de gestion des ressources naturelles en Afrique de l’Ouest, s’est tenue à l’Institut Africain de Développement Economique et de Planification (IDEP).

A l’initiative de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (ECA) à travers son Bureau Sous-Régional basé à Niamey, ce panel de haut niveau a réuni des décideurs, experts et membres de la société civile.

D’importantes institutions comme la Commission économique pour l’Afrique (CEA) inspiratrice de la nouvelle approche africaine en matière des mines, à travers le Centre africain de développement minier qu’elle abrite dans son siège d’Addis Abeba,
Les Commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA, ainsi que d’autres structures des Nations Unies et des institutions internationales de développement intervenant dans les domaines des ressources naturelles en Afrique de l’Ouest, ont pris part à ces deux journées de réflexion ouvertes par Ali Ngouille Ndiaye, le ministre sénégalais de l’Industrie et des Mines.

Le thème principal portait sur la prise en compte effective de la Vision Minière Africaine (VMA), des Directives de la CEDEAO et des Normes et Principes de l’ITIE dans les principaux documents de politiques, lois et règlementation miniers des pays de l’espace CEDEAO.
Plantant le décor, Karima Bounemra Bensoltane, Directrice de l’IDEP (Institut d’Economie Publique), hôte du forum, a rappelé les paradoxes de la politique minière en Afrique. «La plupart des minerais sont exportés du continent à l’état brut».

Un constat qui fait corps avec la Vision minière africaine adoptée par les chefs d’Etat en fèvrier 2009 et préconisant la transformation des ressources sur place. Dans cette optique, l’harmonisation des politiques et des règlementation reste indispensable, poursuit Mme Bensoltane.

L’adhésion progressive des pays ouest africains à l’ITIE et l’édition de la directive CEDEAO en matière de gestion minière constituent d’importants progrès vers cette vision commune.
Reste, dans cette volonté d’établir une approche commune, à ne pas privilégier la logique juridique avant la logique politique, insiste Moussa Fall de l’ITIE Sénégal. «Nous devons harmoniser nos politiques minières d’abord. Or trop souvent nous avons les textes harmonisés sans les politiques», poursuit-il.
Pour sa part, le ministre sénégalais, Ali Ngouille Ndiaye, a rappelé tout le potentiel d’un continent riche de 120 milliards de barils de pétrole et de 30 milliards de dollars par an de contribution des ressources minières aux Etats pour les 20 prochaines années. Ce potentiel ne peut servir le continent qu’à travers une vision commune et harmonisée a rappelé Claudine Sigam du Centre africain de développement minier. Quant au professeur Martin Ndendé, conseiller juridique de la CEA, il est revenu sur les principes généraux à respecter dans la négociation des contrats en insistant sur la capacité des négociateurs.
Certains participants, tout en reconnaissant l’apport inestimable de l’initiative pour la transparence de l’industrie extractive (ITIE), ont souhaité voir l’extension du processus d’adhésion (rèservé actuellement aux Etats) aux multinationales.

A noter que le forum se tenait au moment même où l’OCDE lançait son initiative destinée à améliorer la remontée de l’information sur les activités des multinationales. Sans doute une lueur d’espoir pour un continent qui compte sur la transparence de ses partenaires pour connaître les quantités extraites tous les jours de ses entrailles.

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