« Le succès de ce pays repose sur l’agriculture ». Ce slogan porté par le premier président ivoirien, Félix Houphouët-Boigny, pour traduire sa politique agricole volontariste, a dû sonner en échos dans la mémoire du millier de planteurs venus prendre part aux Journées du cacao ivoirien ce jeudi à Yamoussoukro.

C’est que le pays s’affiche, plus de cinquante ans après, comme une référence sur le continent. « Notre pays est la première puissance agricole sous régionale voire Africaine », s’est exclamé le ministre ivoirien de l’Agriculture, Mamadou Sangafowa, à l’ouverture des Journées. Avant d’égrener le palmarès d’un secteur qui constitue encore l’un des principaux piliers de l’économie ivoirienne.

Historique premier producteur de cacao, la Côte d’Ivoire est également, a-t-il relevé, le leader mondial de la production de noix de cajou, détrônant l’Inde cette année, et de noix de cola. Le pays détient également la première place de producteur africain de banane dessert et d’hévéa. Enfin, la Côte d’ivoire, note le ministre, est le premier exportateur africain de mangue et de palmier à huile et le premier port thonier d’Afrique.

« La Côte d’ivoire (…) a été classée cette année, premier pays en Afrique au sud du Sahara, dont le secteur agricole est le plus dynamique sur les quatre dernières années, devant le Cameroun et le Nigeria », s’est félicité celui qui préside depuis cinq ans aux destinées de l’agriculture ivoirienne. Avant d’ajouter : « les cabinets de renommée mondiale conseillent aux investisseurs du monde entier d’orienter leurs investissements dans le secteur agricole en Afrique au sud du Sahara, en priorité vers la Côte d’Ivoire. »

Succès cacaoyer

Les performances enregistrées par le cacao ivoirien, 20% du PIB, est sans doute la plus grande fierté du monde agricole ivoirien.

Avec « une production de près de 1 800 000 tonnes pour la campagne 2014-2015 », la Côte d’Ivoire passe « de 36 à plus de 45% de la production mondiale en trois ans » a précisé Mamadou Sangafowa qui a mené à son terme, en 2012, la réforme du secteur café-cacao. Avec une innovation, le mécanisme de « Vente anticipée à la moyenne » qui a eu pour effet « un prix garanti aux planteurs représentant au moins 60% du prix à l’international ».

Résultat, « Le prix du kilo bord champ est successivement passé de 500 francs en moyenne avant la réforme à 725 francs après, puis à 750 et à 850 francs », et les revenus annuels de l’ensemble des producteurs sont passés de « 1.070 milliards de F CFA avant la réforme à 1.600 milliards pour la campagne 2014/2015. Soit une augmentation de 50% ».

Une embellie qui va se poursuivre encore avec un prix d’achat du kilogramme de cacao aux planteurs qui a atteint la barre « historique et mythique de 1 000 francs » selon le président ivoirien Alassane Ouattara qui ouvert la campagne de la récolte 2015-2016 ce 1er octobre.

La Côte d’Ivoire entend bien poursuivre sur sa lancée. Pour se faire, Abidjan dispose d’un important atout, le Centre national de recherche agronomique (CNRA) une référence dans la recherche agricole en Afrique, dont elle tire des ressources performantes pour son agriculture, à l’image de la variété « Mercédès » pour le cacao. En outre, le pays a mis en place un outil stratégique, le Plan national d’investissement agricole (PNIA), d’un peu plus de 2 000 milliards de francs CFA qui couvre la période 2010-2015 et qui devrait être relancé pour les cinq prochaines années.

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