La directrice du FMI, Christine Lagarde, l’annonçait le 30 septembre. La croissance mondiale ralentira cette année du fait du déclin prolongé des économies émergentes avant de repartir timidement en 2016.
Ces sombres prévisions sont corroborées 24 heures plus tard par l’institute of international Finance (IIF) qui soutient dans un rapport sur 30 pays en développement que les sorties de capitaux des pays émergents dépasseront cette année les entrées pour la première fois depuis 1988.
Et comme dans tout ralentissement, c’est le segment volatile des Investissements directs étrangers (IDE) qui pique du nez. Selon le rapport, le flux de l’investissement étranger dans les émergents ne devrait pas dépasser 548 milliards de dollars (490 milliards d’euros) contre 1.074 milliards l’année dernière.
D’autres indicateurs viennent conforter les prévisions de l’IIF. Ainsi, les sorties nettes des fonds de placement collectif investis en actions et obligations émergentes totalisent près de 100 milliards de dollars depuis le début de l’année, selon Bank of America Merrill Lynch. Le champ des données de l’IIF est plus large puisqu’elles intègrent aussi bien l’investissement direct étranger que les financements bancaires et les investissements de portefeuille.

Si les flux entrants dans les émergents diminuent, les sorties de capitaux par des résidents ont en revanche accéléré et devraient atteindre 1.089 milliards de dollars cette année, ce qui accentue les pressions baissières sur les réserves de change, les taux de change et les prix des actifs, selon l’IIF.

En conséquence, les pays émergents subiront des sorties nettes de capitaux de 540 milliards de dollars cette année. Et elles devraient encore être de 306 milliards de dollars l’année prochaine, selon les calculs de l’IIF.

Les conséquences des sorties de capitaux sur les devises de nombreux pays émergents qui ont perdu plus de 25% de leur valeur pour certaines d’entre elles, comme le real brésilien, la hvrynia ukrainienne ou le peso colombien, se répercutent sur la dette en devise des entreprises émergentes.

La dette des entreprises non financières des pays émergents atteint 27.000 milliards de dollars et a progressé de l’équivalent de 30% du PIB au cours des cinq dernières années, a dit Hung Tran, le directeur exécutif de l’IIF.
C’est au regard de toutes ces tendances que le FMI a exhorté les pays émergents à diversifier leur économie et a estimé que certains étaient mal préparés à affronter les remous financiers que pourrait entraîner un relèvement par la Réserve fédérale de ses taux d’intérêt.

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