Le président de la République du Nigeria, Mouhamadou Buhari ne compte pas reculer d’un iota de sa promesse de lutter farouchement contre le détournement des ressources pétrolières dans son pays. 

M. Buhari a confirmé cette volonté lors de l’Assemblée générale de l’ONU, annonçant ainsi sa décision de devenir ministre des ressources pétrolières afin de lutter contre la corruption qui gangrène l’économie de la première puissance économique africaine. Cette annonce concorde avec les informations relayées par les médias nigérians.

Pour tenir sa promesse, le nouvel homme fort du Nigeria avait déjà dissous en juin dernier le conseil d’administration de la NNPC, la compagnie pétrolière nationale, et ordonné une enquête au sein de cette entreprise rongée, selon lui, par la corruption.

Alors que les finances publiques sont mises à mal par la chute des cours mondiaux de brut, il avait promis, dans un discours prononcé en juillet dernier à Washington, de récupérer les sommes d’argent «ahurissantes» issues de détournements de pétrole à grande échelle, estimant que 250 000 barils de pétrole brut sont volés chaque jour au Nigeria, soit plus de 10% de la production nationale.

Le Président nigérian a occupé dans les années 70 et 90 des postes clés dans le secteur pétrolier. Il a notamment participé à la mise en place de la NNPC en 1977, lorsqu’il était ministre du pétrole sous la présidence du général Olusegun Obasanjo.

Plus de trois mois après son investiture, le président Buhari n’a toujours pas nommé son gouvernement. Ce retard serait lié à sa volonté de vérifier, dans le cadre de sa lutte contre la corruption, les parcours des candidats potentiels à des postes gouvernementaux.