Il a fallu en venir au langage de la poudre. Entre les multiples déclarations du chef des putschistes, le Général de brigade, Gilbert Djendéré, appelant ses troupes tantôt à se mettre à la disposition de la justice, tantôt à ne pas en accepter le joug, le signal était suffisamment brouillé pour qu’une opération militaire, ultime recours, vienne au secours de l’ordre légal.
A Ouagadougou, les canons, encore fumants, invitent à ne pas  tirer des conclusions hâtives sur une vague qui,  selon les partisans du mimétisme, sera ressentie jusque sur les rives du Congo. Les commentaires vont en tout cas bon train.

D’aucuns se demandent si c’était nécessaire d’en venir aux mains au risque d’une fracture qui mettra du temps à se cicatriser.
D’autres s’interrogent sur le gel des avoirs des têtes de turc du régiment présidentiel et des proches de l’ancien président. «Il fallait privilégier la paix des braves et la réconciliation nationale», entend-t-on ici et là de la part de ceux, apolitiques, qui pensent encore pouvoir faire la paix sans la justice et la démocratie sans le respect de l’ordre constitutionnel.
Au final, les putschistes ont été mis hors d’état de nuire.
Force est revenu à la loi même s’il aura fallu, pour cela, violer la représentation diplomatique du Saint Siège. Rétablir l’ordre constitutionnel sans effusion de sang valait bien une messe.

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