Depuis le palais Koyssam encerclé par une armée héroïque, le destin du Burkina Faso est entrain de basculer.

Le hasard a voulu que ce mardi 22 septembre soit le jour le plus long au vu des enjeux. L’ordre républicain affronte la soldatesque du chaos au moment même où à Abuja se tenait un sommet extraordinaire de la CEDEAO drapé dans une neutralité qui (nous l’écrivions hier) ne l’honore pas.

 

 

 
Quel parallélisme frappant entre le courage d’un peuple qui préfère la justice au pardon et le bureaucratisme d’une organisation qui privilégie l’amnistie et l’absolution à l’ordre constitutionnel.
Plus que la distance qui les sépare, Ougadougou et Abuja symbolisent les deux Afriques. L’Afrique de la rue, lasse de la paix sans justice et l’Afrique de l’establishment pour qui le retour au calme, la réconciliation et le silence des tombeaux est préférable à toute agitation, fut-elle légitime.

 

 

Il est clair que cette Afrique là en conciliabule dans la capitale nigériane est plus proche du putschiste Gilbert Djendérè que du républicain Chérif Sy. En symbiose avec la rue, ce dernier s’était caché pour sauver sa vie et maintenir la flamme d’un retournement possible. Pendant ce temps, Gilbert Djendéré négociait avec la CEDEAO pour une réconciliation qui tenait plus du rapport de force que de la justice, laquelle, osons-le croire, aura le dernier mot sur l’impunité.