La holding belge, KKO international, a lancé son introduction en bourse simultanément sur Alternex Bruxelles et Alternext Paris, pour lever entre 10 et 11,5 millions d’euros destinés à développer son exploitation de cacao en Côte d’Ivoire.

Présent en Côte d’Ivoire depuis 2011 à Bocanda, dans le centre du pays à 290 kilomètres d’Abidjan, Solea (Société de logistique et d’exploitation agricole), filiale à 99,97% de la holding, a entamé un projet sur 3 000 ha, la première et plus vaste plantation industrielle de cacao du pays. Une première pour le premier producteur mondial de fèves, dont la production a jusque-là été assurée par de petits planteurs sur des surfaces de quelques hectares.

Projets

Solea a mis en valeur 800 ha de cacao et va procéder à sa première récolte dès le mois d’octobre, ce qui va lui permettre d’engranger ses premières dividendes après quatre ans d’activité financés par des prêts d’actionnaires, qui ont basculé en fonds propres. Et l’exploitation sera étendue à 1 200 ha d’ici la fin de l’année, puis passer à 3 000 ha en 2018. Des superficies subdivisées en parcelles de 20 ha comprenant chacune 26 000 pieds de cacaoyers.

La firme planche sur des rendements élevés avec la variété « Mercédès », mise au point en Côte d’Ivoire dans les laboratoires du CNRA, le centre national de recherche agronomique. « Mercédès » présente en effet des rendements trois fois supérieures aux plants classiques en plus de sa résistance aux maladies. Et avec des méthodes professionnelles (fertigation, fertilisation couplée à la micro-irrigation), le verger devrait atteindre progressivement 5 tonnes de fèves à l’hectare, dix fois plus que ce que récolte le paysan ivoirien, assure Rémy Allemane le P-DG de Soléa. Soit une production de 15 000 tonnes de fèves escomptées à l’horizon 2024.

Une performance qui va profiter des cours dont la tendance haussière est prévue pour se poursuivre sur un marché international convaincu du déficit de l’offre les années à venir. « Le marché de la fève de cacao est évalué à 12 milliards de dollars, avec d’excellentes perspectives de développement notamment liées à la hausse de la consommation mondiale de chocolat. La demande mondiale des produits dérivés des fèves de cacao croît en effet de 2 % à 3 % par an, tirée par l’augmentation des classes moyennes dans les pays émergents », note la firme dans un document adressé aux potentiels investisseurs. Surtout que le cacao ivoirien est acheté localement pour 60% des cours internationaux qui ont oscillé entre 3 200 et 3 300 dollars la tonne lors de la dernière campagne.

Par ailleurs, Solea va coupler son exploitation avec des plantations de bananes plantains, d’ignames, alimentations de base dans le pays, ainsi 30 ha de bois Teck.

Souscription

La période de la souscription a débuté le 16 septembre et prendra fin le 8 octobre pour 3 067 484 nouvelles actions échangées entre 3,26 et 3,98 euros.

Les fonds levés serviront à l’obtention de droits fonciers sur de nouvelles terres et à leur mise en exploitation (€ 5,85 millions), à l’acquisition de moyens humains et matériels supplémentaires (€3,04 millions) et au déploiement d’investissements structurels (€0,58 millions), selon KKO international.

A l’issue de l’opération, la société sera valorisée à quelque 30 millions d’euros.