Dans son étude Africa Asset Management 2020 parue en juin, le cabinet Price Waterhouse Coopers (PWC) annonce le grand «boom» du marché africain des actifs.

 

Elaborée à partir d’un échantillon de 12 marchés africains présentant «divers niveaux de développement», l’étude indique que les actifs sous gestion traditionnelle dans ces Etats s’élèveront à 1 098 milliards de dollars d’ici 2020 alors qu’ils n’étaient que 293 milliards en 2008. Soit une croissance annuelle de près de 10% qui constituera «la plus forte progression au niveau mondial».

«L’augmentation globale du volume des actifs à investir qui a eu lieu ces deux ou trois dernières décennies se poursuivra immanquablement à l’avenir et les actifs à investir seront certainement plus élevés en 2020 qu’aujourd’hui » prédit Ilse French, responsable de la gestion d’actifs pour PwC Afrique, ajoutant que «les gestionnaires d’actifs locaux et internationaux seront probablement de plus en plus actifs à mesure que le secteur continue à s’épanouir».

Démographie et classe moyenne

Malgré sa configuration actuelle, 3% du PIB mondial, moins de 1% du marché boursier mondial, le continent pourra compter sur «l’atout démographique», un ferment pour sa croissance économique. «Si l’on implémente des politiques visant à créer suffisamment d’emplois pour la main-d’œuvre grandissante, la chute des taux de dépendance devrait augmenter tant les épargnes que les investissements et créer une demande importante en produits d’épargne.»

Ainsi, le développement d’«une classe moyenne», mieux sensibilisée sur les questions financières et à même de constituer une épargne, suggère le rapport, entraînera «une augmentation de la demande de services financiers», notamment «de produits de pension et d’assurance-vie » qui auront un effet de «stimulation de l’industrie de gestion des actifs».

En outre,  l’urbanisation inéluctable de l’Afrique,  « en hausse de 1,1% par an» et les besoins importants en infrastructures constitueront des débouchés pour les flux financiers via des «investissements directs ou de partenariats publics-privés».

Aussi, le rapport annonce que les dépenses en infrastructures de l’Afrique subsaharienne dépasseront les 180 milliards USD d’ici 2025.

Le continent pourra jouir par ailleurs du bénéfice d’une technologique qui a «modifié de plus en plus le visage» de la région : le mobile qui devrait être le support majeur des transactions financières.

Cadre réglementaire

Le rapport a présenté l’exemple des fonds de pension dont l’évolution des réglementations aura un impact plus important sur le secteur, surtout qu’ils sont «généralement les principaux investisseurs institutionnels dans de nombreux pays d’Afrique».

« La croissance dont a constamment fait l’objet le secteur des fonds de pension entre 2006 et 2014 dans les 12 pays concernés par l’étude devrait prendre de la vitesse dans les années à venir»,  note le rapport en raison notamment de l’amélioration des cadres réglementaires qui amplifieront «les appétits des investisseurs» ; les réformes connexes conduisant vers «un système à trois piliers», qui induit des cotisations complémentaires volontaires des citoyens. Un changement qui est en marche : « des pays comme Maurice et le Ghana ont notamment créé des systèmes de pension à trois piliers comprenant un troisième ordre de programmes volontaires pour les travailleurs de la classe moyenne.»

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