La multinationale française, Bolloré, a lancé le 9 septembre, les travaux de réhabilitation du chemin de fer reliant la Côte d’Ivoire au Burkina Faso pour un coût de 400 millions d’euros, environ 262 milliards de francs CFA.

Exploité par la Sitarail, sa filiale locale, le réseau ferroviaire qui partait d’Abidjan jusqu’à Kaya, via la capitale burkinabè Ouagadougou, sera prolongé jusqu’à la ville minière de Tambao où est exploité le gisement de manganèse du même nom. Soit une ligne totale de 1260 km.

« Il y avait urgence à développer ce chemin de fer pour en faire un instrument de haute productivité », s’est exclamé Michel Roussin, président du Conseil d’administration de la Sitarail dont la maison mère est un important opérateur portuaire à Abidjan et dans la sous-région ouest africaine.

Pour Abidjan qui s’impatientait déjà retard pris par l’opérateur (les travaux étaient prévus pour démarrer courant 2014), l’on se félicite de cette « œuvre majeure qui s’inscrit dans le cadre de la politique de développement et de modernisation des infrastructures de nos Etats » a affirmé le Premier ministre Daniel Kablan Duncan. Ce tronçon en effet, permettra aux entreprises des deux pays de gagner des points de compétitivité en raison des coûts logistiques du rail relativement avantageux. Mais aussi, de relever l’attractivité du port d’Abidjan en concurrence avec les autres plateformes portuaires de la côte ouest africaine sur le trafic des autre pays de l’hinterland, le Mali et le Niger.

Une fois terminé, selon le promoteur, ce sera plus de trois millions de tonnes de manganèse en provenance de la mine de Tambao et plus de 2 millions de tonnes de marchandises, soit un total de cinq millions de tonnes de trafic annuel, qui vont transiter par le rail à comparer avec les 658 mille tonnes de fret échangés en 2014 entre Abidjan et Ouagadougou.

Bolloré ouvre ainsi le second chantier de son vaste projet logistique de « boucle ferroviaire » après la signature de la convention portant sur la ligne ferroviaire Cotonou-Niamey le 13 août dernier.

L’objectif pour Bolloré est de relier à terme cinq pays de sous-région, le Niger, le Bénin, le Togo, outre les deux pays, sur 27 000 km de voie ferrée.

Bolloré, qui finance entièrement les travaux, détient 67% de la Sitarail contre 15% pour la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso et 3% pour le personnel.