Au terme de 100 jours au pouvoir, le président nigérian, qui n’a toujours pas nommé son gouvernement, aura jeté les bases d’une nouvelle conception de l’Etat. Lequel doit être fort et garant de l’intégrité morale et physique de la Nation.

La mise à nu de faux contrats de plusieurs milliards de dollars dans le secteur pétrolier ajouté au limogeage des têtes fortes de la NNPC (Nigeria National Petroleum Company), vache à lait du précédent régime, a tout de suite annoncé la couleur.

Tout comme la suspension de plusieurs cadres de la Banque Centrale et l’arrestation de 16 employès de banques privées soupçonnés de fraude sur les devises. «Aucune pression ne me fera renoncer à la lutte contre la corruption» s’est exclamé celui qui a annoncé le recrutement de 10 000 policiers.
Sur le terrain, l’offensive générale contre la secte islamiste Boko Haram a redonné vie à l’état-major de l’armée qui a pris quartier désormais à Maidaguri, dans le fief des terroristes. La guerre est loin d’être gagnée pour autant pour Muhammadu Buhari. L’on dénombre 86 attaques et 1145 personnes morts depuis son arrivée au pouvoir, avance ‘ISS Africa.

Déterminé à combattre la corruption qui aurait selon lui privé au pays 150 milliards de dollars sur les dix dernières années, Muhammadu Buhari, qui a déclaré sa fortune (sans toutefois rendre cet exercice public) incarne les aspirations d’un pays victime de la mal gouvernance et de détournements à grande échelle.

La mise en place d’une commission anti-corruption, effective depuis le 11 août, lui paraissait plus urgent qu’un gouvernement non encore constitué.

Pour ce peul, originaire du Nord, la relance passe par la restauration des vertus républicaines. La réussite de la première alternance démocratique du pays depuis 1999 passe par une victoire décisive contre le terrorisme et la résolution du paradoxe nigérian qui veut que le 11ème producteur mondial du pétrole soit régulièrement exposé aux coupures d’électricité. L’annonce du passage de la capacité électrique de 3000 à 5000 MW au terme des  100 jours de l’ex général d’armée constitue en cela un signal fort.

 

Albert Savana

 

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