Le Ghana va émettre 1,5 milliards de dollars d’eurobonds avant la fin de ce mois. Selon James Klutse Avedzi, président de la commission des finances du parlement, cité par Bloomberg, le gouvernement entend à cet effet conduire un roadshow dans la troisième semaine du mois.

Dans un contexte de morosité économique que traverse le pays, le gouvernement s’est attaché les services des groupes bancaires de renom comme Barclay’s, Deutsche Bank et Standard Chartered pour tenter d’adoucir les nerfs d’un marché qui, tente de se remettre des valses boursières et monétaires de l’Empire du milieu.

En 2007, 2013, 2014, le Ghana avait eu recours aux marchés internationaux de la dette avec des taux respectifs de 8,5%, 7,875% et 8,125%, bien au-dessus des 6,625% de son voisin ivoirien (1 milliards de dollars d’euros en début d’année) et nettement supérieurs aux conditionnalités d’octroi du crédit à une Grèce engluée dans une profonde crise.

Mais la réalité économique a de quoi entretenir la perplexité de bien d’observateurs qui alertent déjà sur le risque d’imposition d’un programme d’austérité en 2016 de la part des institution de Bretton Woods. Présenté comme une économie modèle il y a quelques années, plus de 8% de taux de croissance en moyenne entre 2008 et 2013, le pays a entamé un atterrissage forcé suivant la courbe de l’or noir dont il était devenu un « riche producteur » africain.

En 2014, la croissance s’est affaissée à 4,2% et devrait s’établir à 3,5% en fin d’année, selon Seth Terpker, le ministre des Finances. Devant les parlementaires ghanéens, il avait affirmé en avril dernier que le déficit budgétaire du pays devrait atteindre 7,3 % cette année, soit +1,3% par rapport aux prévisions. Et en juillet, le taux d’inflation a atteint les 18% alors que la monnaie locale (le cédi) enregistrait une dépréciation de 40% par rapport au dollar.

Dans un communiqué paru ce 31 août, le Fonds monétaire international (FMI), qui a approuvé un décaissement d’environ 116,6 millions de dollars, le second depuis le début de l’année, a fait une mise garde, appelant le pays à contrôler ses dépenses publique et l’inflation, et à une « consolidation fiscale afin de restaurer sa stabilité économique et maîtriser les risques financiers ».

C’est à nouveau la spirale d’un service de la dette « insurmontable », porté par les taux d’intérêts du marché, qui pointe à l’horizon. Le Ghana peut-il faire autrement ?