Le 8ème président de la Banque Africaine de Développement a officiellement pris fonction le 1er septembre.

 

De nationalité nigériane, Akinwimi Adesina  a pris les rênes de l’institution à la triple A des mains du rwandais Donald Kaberuka, artisan du repositionnement de la BAD  dans les infrastructures.

Dans son discours lu devant le président Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire, accompagné de son premier ministre, Daniel Kablan Duncan, du professeur Yemi Osinbajo, Vice-président de la République fédérale du Nigeria, représentant  le président Muhammadu Buhari, et, entre autres, Pedro Pires, Ancien Président du Cap-Vert, l’agronome a tout d’abord mis l’accent sur les innégalités  qui caractérisent le contexte africain.

Pour une croissance inclusive 

«Alors que les économies africaines sont en croissance, les inégalités augmentent sur tout notre continent. La lueur qui brille dans les yeux de quelques privilégiés est assombrie par le sentiment d’exclusion de la majorité. Des centaines de millions de personnes, pour la plupart des femmes et des jeunes, sont exclues et laissées pour compte. Elles ne ressentent pas les effets de la croissance économique dans leur vie. Notre défi collectif est de conduire une croissance inclusive – une croissance qui sortira des millions de personnes de la pauvreté. L’Afrique ne peut plus se contenter de simplement gérer la pauvreté. Pour notre avenir et celui de nos enfants, nous devons l’éradiquer».

En outre, le nouveau président de la BAD a évoqué la nécessité de l’intégration économique du continent. S’inscrivant dans la même lignée que son prédécesseur, le nigérian a mis en exergue la nécessité de bâtir des infrastructures de qualité. A l’entendre l’énergie sera au cœur des activités de la BAD. «Plus les États ont une politique de l’énergie dynamique, plus leurs peuples sont prospères. Nous devons faire plus pour l’Afrique, qu’il s’agisse de logement, des entreprises, des industries, des écoles ou des hôpitaux. Pour ce faire, nous devons prendre des mesures audacieuses, penser différemment et agir avec un plus grand sentiment d’urgence. L’Afrique ne peut pas receler tant de ressources en énergie classique et en énergie renouvelable, et en même temps être connue pour l’obscurité – non pas la lumière – de ses villes et ses zones rurales. Les usines sont inexploitées par manque d’électricité. La carence en énergie a freiné notablement l’industrialisation de l’Afrique».

le reste du discours est consacré à la dynamisation du secteur privé africain et à la consolidation des marchés financiers. L’agronomie qu’il est ne pouvait terminer son discours sans mettre l’accent sur l’Agriculture domaine paradoxal. «l’Afrique doit se nourrir par elle-même. Il est inconcevable qu’un continent avec d’abondantes terres arables, de l’eau, une réelle diversité de ses ressources agro-écologiques et un climat favorable soit importateur net de produits alimentaires. Pourtant, l’Afrique compte 65 % des terres arables en jachère dans le monde, qui pourraient répondre aux besoins alimentaires de 9 milliards de personnes sur la planète d’ici à 2050. Il s’agit là d’un potentiel énorme inexploité, dont le continent ne peut pas profiter». Fort de sa jeunesse, l’Afrique dispose de tous les atouts pour devenir le grenier du monde.

S’agissant de la banque en elle-même, le programme semble tracé. «Nous devons devenir une banque plus efficace, plus performante, à la rentabilité plus forte et à l’expertise reconnue. Une banque qui adopte et maîtrise de nouveaux modèles flexibles et innovants, propres à favoriser davantage la croissance de nos opérations et de nos revenus. En tant que banque, nous sommes déjà sur la bonne voie, celle de la décentralisation. Mais nous devons aller plus loin encore. Il ne faut plus seulement nous contenter d’être là, nous devons renforcer nos activités commerciales, nous devons accroître nos revenus – partout où nous sommes. Nous devons servir toujours plus nos clients, les pays membres régionaux, et le secteur privé».

Usant de son “vous” de rigueur, le successeur de Donald Kaberuka semble avoir pris la mesure de la tâche qui l’attend.

 

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