Et d’ici 2020, le Maroc est en passe de réaliser son ambition de produire 800 000 véhicules, avec à la clé 165 mille emplois, note le rapport.

 

 

 

Le Maroc vit actuellement une véritable idylle dans le secteur automobile. Un fulgurant succès parfaitement planifié, indique le dernier rapport du cabinet Oxford Business Group (OBG).

En 2014, le royaume chérifien a produit près de 232 000 véhicules, en hausse de 38,5% par rapport à l’année précédente, après un premier bond de 54% entre 2012 et 2013. Et d’ici 2020, le Maroc est en passe de réaliser son ambition de produire 800 000 véhicules, avec à la clé 165 mille emplois, note le rapport.

Une industrie florissante

L’expansion de l’industrie automobile est portée par le succès des constructeurs français qui multiplient les projets. Ouvertes en 2012, les usines de Tanger et Casablanca du français Renault ont une capacité installée de 400 000 véhicules par an.

En juin dernier, le français PSA Peugeot Citroën annonçait une nouvelle usine dont les travaux sont prévus pour démarrer en 2016 ; un investissement de 557 millions d’euros. Le constructeur prévoit produire dans un premier temps 90 000 unités, puis 200 000 et ensuite 1 million de voiture à l’horizon 2025.

Le secteur charrie en outre des fabricants d’accessoires et pièces de rechange. Peugeot entend ainsi faire passer ses approvisionnements locaux de 60 à 80% à terme, le Maroc regorgeant d’une large palette d’équipementiers comme Denso, Leoni, Delphi, Sumitomo, Lear, Yazaki etc.

Plus récemment, en novembre 2014, indique OBG, le spécialiste du câblage automobile américain Delphi a ouvert sa troisième usine au Maroc, portant alors sa main-d’œuvre locale à presque 10 000 employés.

Les clés du succès

Le développement de l’industrie l’automobile et des composants est accompagné par la mise en place de zones franches spéciales dédiées offrant un environnement plus qu’avantageux à l’image de l’Atlantic Free Zone (AFZ) de Kenitra.

Construit sur 345 ha en 2012, l’AFZ offre «un congé fiscal pour les cinq premières années d’exploitation, suivi par un taux d’imposition de 8,75 % sur une période de 20 ans ». Conséquence, en trois ans, l’AZF a attiré « 2 milliards de Dirhams (183,9 millions d’euros) d’investissements et a engendré la création d’environ 10 500 d’emplois directs ».

Ensuite, le Royaume chérifien s’évertue à assurer la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée, insiste le rapport. En plus des 300 instituts de formation de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail, l’AFZ intègre un établissement d’enseignement «formant chaque année 800 étudiants dans divers métiers de l’automobile ». Une offre de capital humain rendue plus attrayante avec un salaire moyen de 375 euros «considérablement inférieur au salaire moyen en Europe, ce qui aide les fabricants étrangers à rationaliser les coûts de production ».

Au total, indique le rapport, le Maroc a su tirer profit d’un «emplacement stratégique entre l’Europe et un certain nombre de marchés émergents », en Afrique et au Moyen-Orient.
Le secteur automobile (véhicules et composants) y est devenu l’année dernière le premier secteur à l’export avec 3,65 milliards d’euros (20% des exportations).

Et le Maroc va poursuivre dans sa lancée. En début d’année prochaine, la seconde phase de l’AFZ sera lancée ; une plateforme dont pourraient profiter Toyota et Hyundai, selon la presse locale.

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