Une affaire d’intermédiaires dans la vente du pétrole brut nigérian à l’Inde rattrape le régime de Goodluck Jonathan.

L’ancien régime du Nigeria aurait mis des intermédiaires dans la transaction portant sur la vente du pétrole brut à l’Inde qui en importerait, chaque année, pour une valeur de près de 15 milliards US$.

Dans un entretien au quotidien nigérian Daily Trust, Ajjampur R. Ghanashyam, le Haut commissaire de l’Inde auprès du Nigeria, a dévoilé cette anomalie décourageante pour son pays et qui éclabousserait Mme Diezani Allison Madueke, ministre des ressources pétrolières sous le régime de Goodluck Jonathan.

«Quand nous achetons du pétrole auprès des autres pays, nous payons tout ce que nous devons payer au ministère des finances du pays. Au Nigeria, nous payons à des intermédiaires. Nous aurions aimé traiter directement avec la Nigeria national petroleum corporation (NNPC)», a confié Ghanashyam au reporter de Daily Trust. Et de revenir à la charge : «Ce n’est pas une bonne chose. Pourquoi devrions nous traiter avec des intermédiaires ?».

Avec le Nigeria, l’Inde aurait aimé, a-t-il ajouté, avoir des contrats à long-terme à l’instar de ses autres pays fournisseurs de pétrole brut dont l’Iran, l’Irak, l’Arabie Saoudite. «Nous ne recevons pas de réponse, quand nous envoyons des correspondances à la NNPC», a-t-il relevé, déplorant que le géant pétrolier ouest-africain soit le seul pays avec lequel l’Inde n’a pas de contrat de long terme.

D’après les statistiques 2014 de la NNPC, l’Inde a acheté 136 419 844 barils de pétrole brut auprès du Nigeria, dépassant les Pays-Bas (101 953 572 barils) et les Etats-Unis (24 047 758 de barils) dont les compagnies pétrolières sont de grands acteurs du secteur pétro-gazier nigérian.
La Chine, un des partenaires de premier plan du Nigeria, auraient importé 11 412 275 barils, dans un contexte de renforcement des liens avec l’Angola, second producteur du pétrole en Afrique derrière le Nigeria.
«Nous achetons par an du pétrole brut pour une valeur de 15 milliards de dollars et nous avons le potentiel d’en importer du Nigeria pour une valeur de 50 milliards de dollars», a fait comprendre Ajjampur R. Ghanashyam. L’Inde, a-t-il laissé entendre, pourra en acheter davantage parce que sa demande domestique est croissante et le pays éprouve un besoin additionnel en pétrole brut valorisé entre 6 et 8 milliards de dollars par an.
Le haut commissaire indien ne cache pas ses amertumes : « Mais si vous continuer à nous faire payer par des intermédiaires et continuer à nous demander de nous approvisionner sur le marché des swaps, cela signifie que vous ne nous faites pas confiance, et si vous n’avez pas confiance en nous, nous devons chercher ceux qui nous font plus confiance ».
Et, cela à un moment où l’Arabie Saoudite offrirait d’assurer le transport des livraisons par ses propres flottes, mais aussi à une période de consolidation de l’axe Téhéran- New-Dehli. Dans ce rapprochement, l’Iran a mis au grand jour son intention d’investir entre 8 et 10 milliards de dollars en Inde et demande à ce pays d’augmenter sensiblement son importation annuelle de pétrole brut: passer de 11 à 22 millions de tonnes métrique.

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