L’Algérie parviendra-t-elle à dompter son secteur informel, considéré comme la plaie des économies en Afrique ? C’est à cet exercice que va s’essayer le gouvernement algérien qui vient de décréter « l’amnistie fiscale » dans le but de « happer » les ressources financières qui circule dans le secteur informel, pour renflouer les caisses publiques mises à mal par la chute des cours du pétrole.

Les Algériens sont ainsi exhortés à sortir leurs avoirs de l’économie souterraine, des mécanismes informels d’épargne pour les déposer auprès des établissements bancaires contre une taxe de 7% pour solde de tous compte. Formalisée par la Loi de finance complémentaire (LFC) adoptée fin juillet, « l’amnistie fiscale » stipule en effet que « les sommes déposées dans ce cadre, auprès des banques par toute personne, quelle que soit sa situation, font l’objet d’une taxation forfaitaire libératoire au taux de 7% ».

La mesure vise à récupérer une fraction des 46% du PIB représentant la part du secteur informel dans l’économie algérienne (chiffres 2012, selon l’office national algérien des statistiques, ONS). Et une part de la fraude fiscale qui, selon certaines sources, atteindrait les 4 milliards de dollars annuel.

Mise en œuvre depuis le 2 août, la mesure court jusqu’au 31 décembre 2016, et les ressources déposées «doivent être légitimes et ne correspondre à aucun acte incriminé par le Code pénal et la législation régissant la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme » insiste la LFC. Et au-delà, « les personnes disposant de fonds éligibles à ce programme et n’y ayant pas souscrit, feront l’objet de redressements dans les conditions de droit commun avec l’application des pénalités et sanctions prévues en la matière ».

Durement éprouvée par la chute vertigineuse des cours du pétrole, 94% de ses recettes à l’export et 60% de son budget, l’Algérie se prépare à amortir le choc d’une baisse de 50% de ses recettes pétrolières : 34 milliards de dollars finalement attendus en 2015 (60 milliards initialement prévus) contre 68 milliards en 2014.

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