Sékou Touré, 1922-1984.De l’homme politique que retenons-nous? Le fameux  «non» au général de Gaulles du 2 octobre 1958, précipitant le basculement de tout un continent dans ce que l’écrivain Amadou Khourouma appellait «Le Soleil des Indépendances»?

Le bourreau de Diallo Telli, ancien secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine, torturé à mort dans le camp Boiro de triste mémoire où furent engloutis 5 000 détenus politiques? Le président paranoïaque qui avait interdit aux avions de survoler Conakry ?

L’inspirateur d’une sorte de bolivarisme à l’africaine dont la profession de foi se résume en une phrase   “Nous  préférons la pauvreté dans la liberté que l’esclavage dans l’opulence”  ? Celui qu’Amnesty International accuse d’avoir tué 50 000 personnes durant son règne ? L’allié  panafricaniste de Nkwamé Krumah ?

Le syndicaliste intrépide qui savait manier le verbe? Le leader sanguinaire au mouchoir blanc?  Un révolutionnaire romantique trahi par son entourage ? Un ange déchu forcé à tuer pour préserver un pouvoir que la France et le Portugal ont essayé de renverser ?

Trente ans après sa disparition, le personnage est controversé.   Les  jeunes guinéens qui ne l’ont pas connu ont en héritage les mélodies révolutionnaires immortalisées par l’orchestre Bembeya Jazz national? Mais aussi les nids de poule des principales artères de Conakry, la pauvreté et l’èchec  politique, économique et social.

Si la fierté d’avoir,  le premier,  allumé le soleil des indépendances bat dans le coeur de tout guinéen, il doit aussi éprouver de la honte face à tant de gâchis qui vaut au   château de l’Afrique de l’Ouest le rang peu enviable de l’un des pays les moins éclairés de la planète.

Et pourtant, des millions de tonnes de bauxite sont sortis et sortent encore  des entrailles de la terre guinéenne.

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