Sa candidature était un secret de polichinelle, mais le président ivoirien n’a pas voulu entretenir longtemps le suspense. Deux jours après l’ouverture du dépôt des dossiers, Alassane Ouattara a officiellement acté sa candidature à l’élection présidentielle fixée au 25 octobre prochain.

C’est  la seconde candidature réceptionnée par la Commission électorale indépendante (CEI) après celle de Bolou Gouali Eloi, candidat indépendant, considéré comme un parfait anonyme de la scène politique ivoirienne.

Porté par le RHDP, la coalition au pouvoir constituée de son parti, le RDR, l’ex-parti unique, le PDCI, l’UDPCI, l’UPCI et le MFA, le président-candidat jouit d’un atout de choix : « L’appel de Daoukro ».
Président du PDCI, principal parti de la coalition avec le RDR, l’ex-chef de l’Etat, Henri Konan Bédié,  avait, depuis son village, lancé un appel solennel à ses militants à soutenir Alassane Ouattara à la présidentielle, renonçant du coup à une candidature pour le plus vieux parti politique de Côte d’Ivoire.

Un appel dénoncé et contesté par certains «dinosaures» du parti indexé sous le pseudonyme de «frondeurs». Ainsi Kouadio Konan Bertin alias KKB, l’ex président de la jeunesse du parti, Essy Amara, ex emblématique ministre des Affaires étrangères et Charles Konan Banny, anciennement gouverneur de la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest) – et qui avait occupé la présidence de la CDVR (la commission qui avait la mission de réconcilier les Ivoiriens) – ont clairement affiché leur intention de se présenter à l’élection présidentielle.

Ce dernier a pris la tête d’une coalition de l’opposition (une tentative), la CNC, la coalition nationale pour le changement, qui rassemble, outre KKB, des hommes politiques comme le professeur Mamadou Koulibaly (autre candidat potentiel) et surtout les «dissidents» du FPI, le parti de Laurent Gbagbo.

Conduit par le compagnon de lutte de l’ancien président, Aboudramane Sangaré, cette frange du FPI revendique l’héritage politique de celui-ci et n’hésite pas de temps en temps à ressurgir le débat sur l’éligibilité du President Ouattara ou encore sur un nouveau décompte du vote du second tour des élections de 2010.

D’un autre côté,  Affi N’Guessan, le président «officiel» du FPI (dont l’investiture par son parti se tiendra ce 8 août au Palais des Sport d’Abidjan). Taxé d’accointance avec le pouvoir par ses anciens amis de parti, il se prévaut du devoir de poursuivre l’action de l’ancien chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, ce qui lui est contesté.

Un candidat unique face à Alassane Ouattara ? Une option loin de faire l’unanimité pour l’heure l’unanimité parmi les opposants déclarés.

Le président ivoirien aura lui à défendre un bilan marqué par la relance économique du pays dont la croissance a oscillé entre 8 et 9% ces dernières années et les grands projets d’infrastructures. Et surtout convaincre de la viabilité de son ambition de faire de la Côte d’Ivoire «un pays émergent» dans les cinq années à venir.

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