Le constructeur français d’automobile Peugeot n’aurait pas la tâche aisée dans sa quête de s’implanter en Algérie. Les discussions dans ce sens avec Alger sont, tout du moins, peu faciles.
« Nous sommes en négociation avec Peugeot. Ce sont des discussions qui ne sont pas simples. Nous sommes aujourd’hui à un stade où on devient de plus en plus exigeants avec le partenaire » français, a déclaré Abdesselam Bouchouareb, ministre algérien de l’Industrie et des Mines, lors d’un point de presse mercredi à Alger.
En juin  dernier, le président français, François Hollande, avait fait état, lors d’une visite d’amitié et de travail à Alger, de ce que ce projet d’implantation du constructeur Peugeot était «en discussion avancée» et que les deux parties travaillaient pour en faciliter l’installation.
La préoccupation des autorités algériennes a été résumée par M.Bouchouareb  en ces termes : «Nous voulons aller vers un vrai partenariat industriel qui puisse apporter des solutions à la démarche de développement de l’industrie mécanique dans notre pays».
En attendant un terrain d’entente, les autorités algériennes ont renforcé  leur protection de l’intérêt des consommateurs avec un nouveau cahier des charges qui fixe les conditions d’exercice des activités des concessionnaires de véhicules neufs.
Il s’agit, pour elles, d’organiser le secteur et, surtout, de  le conformer aux normes internationales en la matière.
Cette mesure 0bannit le circuit des intermédiaires et impose aux concessionnaires l’achat des véhicules directement auprès des constructeurs. Objectif : mettre fin à la surfacturation.
Ces efforts de début d’assainissement du secteur sont, apparemment, l’occasion du grand déballage. Les langues se délient.
«Je préfère par décence ne pas révéler les niveaux de surfacturation, ni même ses hauteurs, mais l’Etat en est au courant et en possède les dossiers », aurait lâché le ministre Bouchouareb.
Plus explicite encore, il déclare : «ce sont des montants énormes. Souvent l’ on croit que l’augmentation des prix des véhicules est liée à la hausse de leur valeur, non, une grande partie est liée à la surfacturation».
Le groupe PSA Peugeot-Citroën gagnera t-il la bataille pour s’implanter en Algérie où les dispositions régissant l’investissement étranger fixe les quotes-parts à 51/49% ?
Dans un entretien accordé à l’APS et publié en début du mois de juillet, Jean-Louis Levet, haut responsable à la coopération industrielle et technologique franco-algérienne auprès du premier ministère français, a estimé que cette règle « pourrait être plutôt un atout qu’une contrainte ».
A son avis, elle permet de trouver des partenaires algériens fiables qui vont aider les joint-ventures créées à se mouvoir dans un environnement administratif, financier et foncier que les partenaires français ne connaissent pas forcément.

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