Jean-Mermoz Konandi/

La Côte d’Ivoire aura pour la première fois de son histoire recours à un instrument de la finance islamique. Le pays va émettre 150 milliards de francs CFA d’obligations islamiques ou Sukuk au cours d’un road show dans le courant du dernier trimestre de l’année.

Abidjan s’ouvre ainsi les portes d’une nouvelle source d’investissement pour faire face aux besoins de financement de ses grands chantiers, notamment dans les infrastructures.

L’obligation islamique ou Sukuk est un outil financier qui répond aux exigences de la loi islamique, notamment en ce qu’elle ne doit pas servir à des activités spéculatives. Les Sukuk financent des projets économiquement viables capables de générer les revenus nécessaires à la rémunération des prêteurs – qui partagent aussi bien les profits que les pertes – contournant ainsi la contrainte de l’interdiction du prêt à intérêt contenu dans la charia (loi islamique).

C’est en avril dernier que la Côte d’Ivoire avait signé un protocole d’accord avec la Société islamique de développement (SID), filiale de la Banque islamique de développement (BID) en charge du secteur privé, pour la levée de 300 milliards de francs CFA de Sukuk sur la période 2015-2020 en deux tranches de 150 milliards.

Un pas de plus pour le pays qui entend relever la part l’investissement privé dans l’investissement glogal à 65% en 2015 puis à 70% en 2020.

Sur le continent où la finance islamique en est encore à ses débuts, le Sénégal et l’Afrique du Sud ont réussi à mobiliser respectivement 152 millions et 390 millions d’euros l’année dernière.

Selon des études, les ressources des banques islamiques devraient doubler d’ici 2020 pour passer à près de 4 000 milliards de dollars d’ici 2020.