Adama Wade, envoyé spécial à Lomé/

En cinq ans, la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a réalisé 45% de ce qu’elle a accompli en 40 ans, a déclaré le président de l’institution, Christian Adovelande, en marge d’une rencontre avec la presse tenue jeudi 23 juillet à Lomé.

Cette accélération sans précédent intervient alors que les ressources concessionnelles se raréfient et que la banque commune aux huit pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) s’oriente vers d’autres sources de financements pour accompagner les projets d’infrastructures régionales lesquels représentent 50% des engagements inscrits dans le plan stratégique 2015-2019.
Plutôt habituée à solliciter le marché financier régional dont elle est l’un des tout premiers émetteurs, la BOAD s’apprête désormais à émettre des obligations sur le marché international de la dette. «Nous sommes entrain d’y travailler. Le processus interviendra sans doute d’ici la fin de l’année et ce sera pour un montant d’au moins 500 millions de dollars» à précisé M. Adovelande.
Cette sortie sur le marché financier international se fera en euros, c’est à dire sans risque de change pour les émetteurs de la zone CFA. L’avantage ici serait d’obtenir des fonds à des conditions meilleures que celles accordées par le marché financier régional.
A l’avenir, le marché financier international sera la principale source de financement de la banque de développement. «Nous changeons d’échelle» a poursuivi le président de la BOAD qui a rappelé son positionnement d’institution de développement partenaire des banques commerciales.

Renforcer le partenariat public-privé

«Nous attirons de plus en plus de banques dans le co-financement des projets d’infrastructures. Souvent nous sommes arrangeur des opérations et apporteurs d’affaires pour les banques». Aux yeux de M. Avolande, il n y a pas de concurrence avec les banques commerciales mais une logique de partenariat public-privé permettant de proposer des montages financiers qualitatifs et quantitatifs.
En prèlude à cette sortie sur le marché international, la BOAD s’est faite noter Baa1 par Moody’s et BBB par Fitch. Les deux «investment grade» obtenus au bout de cet exercice sanctionne la qualité du management, des ratios de liquidité, du niveau de fonds propres, ainsi qu’une relation spéciale qui permet à la BOAD de se refinancer auprès du guichet de la BCEAO.

Au delà des fondamentaux, les appréciations des deux agences intervenues respectivement en mai et en juin 2015 couronnent aussi une série de réformes intervenues depuis 2011 avec le passage aux normes IFRS, le renforcement de la capacité d’engagement sur le marché et, entre autres, la mise en place d’un système anti-blanchiment.
L’autre bonne nouvelle qui aura une répercussion directe dans le financement du plan stratégique 2015-2019 est l’accréditation de la BOAD par le fonds mondial pour l’environnement (FEM). Cela, joint à l’agrément du Fonds vert pour le climat en cours, permettra à la banque basée à Lomé de mobiliser des ressources supplémentaires pour financer les projets à caractère environnemental des pays membres.