Par Jean-Mermoz KONANDI, Abidjan

 2 000 milliards de francs CFA d’investissement privés depuis 2014

1 963 milliards de francs CFA d’investissements ont été engrangés de 2014 à fin juin 2015 par le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI), a indiqué Emmanuel Essis, directeur général de l’agence gouvernementale de promotion des investissements au cours d’une conférence où il a présenté le bilan à mi-parcours de sa structure. Des investissements qui représentent 68% des intentions manifestés par les participants au forum « Investir en Côte d’Ivoire 2014 » traduisant bien l’attractivité de la Côte d’Ivoire et la justesse des réformes entreprises pour améliorer le climat des affaires, s’est-il réjouit

Une embellie sur le point de se poursuivre en 2015 : 76 entreprises de grande taille et de taille intermédiaire ont bénéficié du Régime spécial d’agrément pour des investissements à hauteur de 175 milliards de francs au premier semestre de l’année, en hausse de 15% par rapport à 2014. Des résultats qui mettent le CEPICI au cœur des enjeux des investissements en Côte d’Ivoire conformément aux missions qui lui ont été assignées. Avec un bilan de plus de 80 000 emplois directs crées depuis 2012.

Trois grands secteurs ont enregistré plus de 80% des investissements : les services (45%), le commerce (26%) et les BTP (13%). Avec en prime une part importante des investissements d’origine intérieure. Le pays génère en effet 39% des investissements, en concurrence du tiers pour le continent, loin devant l’Europe, 17% ,l’Asie, 11%, et le continent américain, 0,5%.

Réformes

Deuxième pays de l’Uemoa, vingtième en Afrique et 147éme sur 180 pays évalués dans le monde, la Côte d’Ivoire veut faire bien plus que les 30 places obtenues lors des deux dernières éditions du Doing Business, résultat consécutif aux 40 réformes adoptés qui en ont fait l’un des dix premiers pays réformateurs au monde.

L’objectif poursuivi par le pays est de figurer dans le lot des 50 meilleures performances mondiales les trois prochaines années. Une perspective réalisable : « nous allons nous inspirer de l’expérience de la Géorgie qui, en l’espace de deux cycles, a obtenu 104 places dans le classement Doing Business » a précisé le directeur du CEPICI, maître-d’œuvre de la stratégie nationale.

D’où un vaste plan de réformes avec en point d’orgue la e-gouvernance afin dématérialiser l’ensemble des actes administratifs d’ici 2018. « Treize projets informatiques » ont été identifiés et engagés par le gouvernement afin de « raccourcir les délais administratifs ».

Pour les entreprises, cette mesure prend forme avec l’introduction de l’identifiant unique qui va servir d’interface exclusif entre les opérateurs économiques et l’administration, mettant ainsi fin « aux immatriculations multiples » qui alourdissent les procédures administratives. Ainsi, l’identifiant sera l’unique immatriculation qui va permettra aux entreprises d’effectuer toutes leurs opérations (déclarations et paiement des impôts, demande d’un permis de construire, consultation d’un acte de justice, modification des statuts etc.) directement en ligne, via le portail de CEPICI.

Une innovation qui vient renforcer des mesures telles la création effective d’entreprise en 24 heures (un quarantaine d’entreprises créées par jour), la réduction des taxes sur les transactions immobilières à 4%, la formalisation de l’arbitrage et de la médiation comme modes de règlement alternatifs des différends entre opérateurs économiques, la publication en ligne des décisions de justice du Tribunal de Commerce d’Abidjan pour en renforcer la transparence.

Ce sont au total une quinzaine de mesures destinées à renforcer l’arsenal dispositif et légal afin de rendre plus attractif l’environnement des affaires et contribuer à la performance des entreprises. Aussi, de nouveaux outils sont-ils envisagés pour améliorer la lisibilité de la destination ivoirienne. Le CEPICI a entrepris à cet effet des études en vue de réaliser la cartographie des potentialités économiques par secteurs d’activité et par région et prévoit la mise en place, entre autres, d’un centre de documentation et d’information à destination des investisseurs.

Election

L’élection présidentielle à venir (en octobre) ne fait pas parti de l’agenda du CEPICI et des investisseurs a tenu à souligner Emmanuel Essis, en brandissant les chiffres des investissements en hausse du premier semestre. « Ce sont environ deux cent milliards d’investissement qui sont programmé dans les prochains mois (…) En septembre, Heineken va entamer les travaux de sa brasserie de 100 milliards, une nouvelle cimenterie va s’implanter pour 74 milliards et le cimentier Cimaf a entamé la construction de sa seconde usine de 500 000 tonnes à San-Pédro ».

Des données qui confirment l’intérêt des investisseurs internationaux, rassurés par un environnement socio-économique qui s’est nettement amélioré depuis la fin crise post-électorale de 2010. 96 délégations d’investisseurs ont foulés le sol ivoirien au premier semestre, autant que toute l’année 2014. De bon augure pour les prochains défis à commencer par le forum « Investir en Côte d’Ivoire 2016 » qui devrait se tenir en début d’année prochaine et qui sera l’occasion de présenter les ultimes grands projets pour aborder le dernier virage pour l’atteinte de l’émergence en 2020.

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