Les besoins des consommateurs et le changement des sources de revenus dans le monde de la télévision.

Par Pierre Cloete, Responsable des Pratiques TV et Média, Ericsson Afrique sub-saharienne.

S’installer dans une pièce sombre dotée d’un grand écran et d’un son surround, une atmosphère qui ne peut être créée que lorsque les gens connaissent la même émotion au même moment, voilà à quoi se résumait le cinéma.

Quelques années plus tard, la majorité des gens que je connais ont un grand écran ou un téléviseur à écran plasma à la maison, avec un son surround, et la plupart d’entre eux ont également un service de vidéo à la demande (VoD). Maintenant, avec les pays qui se dirigent vers la migration de l’analogique au numérique, et avec le nombre croissant d’appareils connectés dans la région en croissance constante, les diffuseurs audiovisuels sont confrontés à une pression intense pour trouver des modèles économiques qui nous donneront accès à toutes les chaînes que nous voulons, tout en continuant à réaliser des bénéfices.
Une fois que nous passerons de l’analogique au numérique, les diffuseurs audiovisuels seront en mesure d’offrir un certain nombre de canaux dans la fréquence qui auparavant n’était capable de transmettre qu’une seule chaîne analogique. Les téléspectateurs vont vraisemblablement avoir un plus large éventail dans le choix de chaînes, ce qui signifie que plus de contenu devra être produit, avec le même montant de recettes publicitaires. Un scénario pratique serait que si le budget annuel total de la publicité pour l’Afrique du Sud est de 100 000 dollars US, réparti entre les quatre chaînes en clair, le même budget de publicité sera bientôt réparti à une vingtaine de chaînes après la migration. Cela signifie qu’il y aura moins d’argent à gagner en recettes pour chaque chaîne.

Le coût pour la diffusion en clair dans la région a considérablement augmenté au cours des dernières années, passant au-dessus de la croissance de la publicité. Par conséquent, après la migration, les diffuseurs audiovisuels auront besoin de s’adapter aux besoins changeants du consommateur et de sécuriser les recettes publicitaires avec des services diversifiés. Le contenu a toujours été roi, mais au cours des prochaines années, la distribution pourrait prendre le trône. Avec l’augmentation de la demande en solutions plus personnalisées, les abonnés veulent accéder au contenu quand ils le veulent et où ils le veulent.

Les gens choisiront toujours en priorité le plus grand et le meilleur écran à leur disposition. Si vous avez accès à votre téléviseur et à votre téléphone, vous choisirez votre téléviseur pour regarder en premier. Ce sera l’occasion pour les diffuseurs audiovisuels d’utiliser les chaînes supplémentaires pour fournir des services qui étaient auparavant inaccessibles. Par exemple, Time Warner aux États-Unis offre à ses abonnés en primeur des films en VoD le même jour que les films sortent en salle. Bien que cela soit limité à très peu de titres, cela a une grande signification. Serions-nous en train d’être conduits vers un monde avec moins de salles de cinéma et de pop-corn ?

Permettre aux services VoD premium de concurrencer les premières ne signifie pas seulement promouvoir la concurrence, cela veut aussi dire développer l’ensemble du marché en donnant aux nouveaux segments de clients (tels que les membres adultes de familles avec de petits enfants) la possibilité de consommer des films immédiatement après leur sortie.

Même si la télévision traditionnelle va continuer à avoir une place dans le marché, la croissance de l’industrie de la télévision viendra des services de streaming et de vidéo à la demande, les consommateurs étant à la recherche d’un accès au contenu à leur convenance. Les règles qui autrefois s’appliquaient à l’industrie de la télévision ne seront plus valables. La fidélité des clients se gagnera durement. Les consommateurs vont exiger plus de choix, une meilleure qualité et une personnalisation accrue.

A propos de l’auteur
Pierre Cloete est le Responsable des Pratiques, Télévision et Médias pour Ericsson en l’Afrique sub-saharienne. Il a en charge de conduire l’engagement et les ventes des services du secteur TV et médias d’Ericsson dans la région. Avec une riche expérience dans le développement de produits, la planification stratégique, mais aussi et surtout dans la télévision et les médias, Pierre apprécie pleinement le paysage évolutif de la TV et des médias ainsi que le rôle central de la technologie dans l’avancement de l’industrie. Il a rejoint Ericsson en 2014.

Au cours des 15 ans ayant précédé son arrivée à Ericsson, Pierre a occupé plusieurs postes à SuperSport et M-Net (leader de la télévision payante en Afrique) avec en point d’orgue le poste de Directeur de M-Net Films. À ce titre, il a dirigé le lancement de 16 chaînes dédiées au cinéma (8 en Afrique australe et 8 en Afrique sub-saharienne) ainsi que l’expansion et le fonctionnement de 28 chaînes sous la marque M–Net. Il a également à son actif d’avoir supervisé la création et le développement de plusieurs succès télévisés.

Pierre Cloete est né et a grandi à Johannesburg, et est titulaire d’une License en commerce de l’Université de Johannesburg, en Afrique du Sud. Il est marié et aime faire le du vélo en montagne.

Ericsson est le premier fournisseur de technologie et de services de communication en Afrique et emploie plus de 3 000 professionnels qui s’occupent de plus de 100 clients dans 43 pays à travers l’Afrique sub-saharienne.

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