La justice française a rendu son verdict, le 12 juin, dans l’affaire qui opposait Mounir El Majidi, Secrétaire particulier du Roi Mohammed VI, à Ahmed Reda Benchemsi, ancien directeur de publication du journal Telquel.

La 17ème Chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris a reconnu le caractère diffamatoire de l’ensemble des propos de Ahmed Reda Benchemsi tenu dans une tribune publiée dans le journal Le Monde sous le titre :«La grande corruption régne au Maroc».

Pour Me Hicham Naciri, avocat de Mounir el Majidi, ce jugement satisfait son client qui, au-delà des réparations financières, cherchait à voir son «honneur lavé de ces accusations malveillantes et infondées».
Ce verdict, poursuit l’avocat, «confirme que, si la liberté d’expression est sacrée, elle n’autorise pas à salir une personne au prix d’allégations, dont une justice indépendante a reconnu aujourd’hui le caractère diffamatoire. Le droit d’informer, la liberté d’expression ne sont ni un droit de salir, ni la liberté de diffamer. C’est ce qui est confirmé aujourd’hui par le Tribunal de Paris».

Autre avocat de la partie plaignante à s’être exprimé, Me Aurélien Hamelle: «Si M. Benchemsi est généreusement relaxé, il le doit à sa bonne foi. Il a en effet tenu à l’égard de notre client des propos que le tribunal qualifie lui-même de diffamatoires et ce n’est qu’en raison du contexte dans lequel ces propos diffamatoires ont été tenus que Monsieur Benchemsi a été relaxé. Nous espérons donc que si d’aventure il reprenait la parole, ses propos seront fondés sur une enquête sérieuse, objective, et qu’ils rendront fidèlement compte de la réalité. Ce que la justice reconnaît, c’est que M. Benchemsi est au fond un incompétent de bonne foi’’.
La relaxe pour un cas de diffamation établi a donc été motivée par la bonne foi. Le tribunal estime que l’article incriminé disposait d’une base factuelle suffisante. «La justice a été rendue, je suis content et satisfait de l’issue du procès», déclare Ahmed Benchemsi selon des propos rapportés par l’hebdomadaire Tel Quel.
Le journaliste dit «ne pas avoir eu de doute sur le fait qu’il avait raison».

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