Par Adama Wade

Ce mercredi 10 juin sera une journée historique pour l’Afrique ou encore un rendez-vous raté avec l’histoire.

Les 26 pays de la COMESA, de la SADC et de l’EAC jèteront les bases de la Tripartite, point de départ d’une grande zone africaine de libre-échange entre ces trois ensembles.
A défaut, les chefs de gouvernement prendront une belle photo souvenir sur fonds d’engagements solennels oubliés dés le lendemain.
Nous aurons Maastricht et son traité de libre circulation des personnes dans une zone allant du canal de Suez au Cap de bonne espérance, de la Méditeranée au royaume zoulou de Chaka. A défaut, ce sera encore Syrte et son ballet de costumes et de boubous bariolés, ses buffets et ses slogans sans effet sur le quotidien du citoyen moyen. Un air de déjà vu.
Si le pragmatisme est au rendez-vous dans la station touristique égyptienne, l’Afrique fondera sur sa partie est et sud une zone économique de 1000 milliards de dollars (58% du PIB de l’Afrique) et 600 millions d’habitants cimentée par un accord commercial fort devant évoluer vers des politiques de convergence économique.
La constitution d’une telle zone, prélude à la grande zone africaine de libre-échange, requiert de la volonté politique. Nos Etats accepteront-ils le transfert d’une partie de leur souveraineté à un niveau supranational ? Sont-ils prêts (et les vagues de xénophobie en Afrique du Sud et en Angola sont là pour nous le rappeler ) à ouvrir leurs frontières, à entériner la libre circulation sans visa et sans contraintes et à accepter le droit d’établissement? Comment des pays qui tirent 35% de leurs recettes budgétaires de la Douane accepteront-ils d’évoluer vers cette grande communauté de destins? Les 26 parlements qui vont entériner ces accords exprimeront-ils la volonté populaire ou la volonté des peuples? Charm El Cheikh, autrement dit, procéde-t-il des volontés populaires africaines ou du pouvoir discrétionnaire des chefs et de leurs stratégie de marketing politique?
Tels sont les défis d’une zone condamnée d’avance, par certains observateurs, à retomber dans les travers des multiples traités commerciaux signés jusque-là sans effet entre Le Caire et Le Cap.

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