Le pétrole à 80/90 dollars jusqu’en 2025

A la veille de la réunion de l’OPEP, l’expert algérien, Dr Abderrahmane MEBTOUL , prédisait un statu quo sur les quotas. Les faits lui donnent raison. A Vienne, les pays de l’Opep ont accepté l’idée de respecter le plafond de 30 millions de barils par jour. Pour Dr Mebtoul, citant l’AIE, un cours à 80/90 dollars jusqu’en 2025 est plus que probable.

Il s ‘agit d’analyser les fondamentaux qui déterminément la fixation du cours du pétrole. Nous avons, premièrement, le niveau de croissance de l’économie mondiale. Le bloc USA/Europe représentant plus de 40% du produit intérieur mondial pour une population ne dépassant pas 900 millions d’habitants sur un total de sept milliards.
Or, l’Europe est en hibernation avec une croissance au ralenti. Quant à l’Amérique, malgré une légère reprise, elle traîne un endettement public inquiétant.
En outre, il y a lieu de prendre en compte le ralentissement des pays émergents, Argentine-Brésil- ( entre ½%), une légère reprise en Inde et surtout la Chine et ses 7% de taux de croissance causés essentiellement par le relèvement des taux d’intérêt, le BTP contribuant à plus de 25% de son PIB et ce afin d’éviter la bulle immobilière.
Deuxièmement, l’introduction du gaz/pétrole de schiste américain bouleverse toute la carte énergique mondiale, étant passé de 5 millions de barils/jour de pétrole à 8,5 actuellement et devant franchir le cap Des 9,5 millions de barils jour en cette année 2015.
Dès lors, nous avons une surproduction par rapport à la demande.
Troisièmement, il y a les rivalités au niveau de l’OPEP dont certains ne respectent pas les quotas. Cas des antagonistes Iran-Arabie Saoudite (plus de 35% de la production OPEP), qui ne veulent pas perdre leurs parts de marché.
Ces derniers mois, l’Arabie Saoudite a réduit à plusieurs reprises ses prix de vente en Europe et en Asie, et plus récemment aux États-Unis.
Le ministre du Pétrole, Ali al-Naimi, a déclaré que l’Arabie Saoudite avait produit environ 10,3 mbj de pétrole brut en mars, soit davantage que son précédent pic de production d’août 2013 (10,2 mbj), à un niveau avoisinant les records du début des années 1980.
Ainsi, l’Arabie Saoudite est le seul pays producteur au monde actuellement en mesure de peser sur l’offre mondiale, et donc sur les prix.

Quatrièmement, la stratégie expansionniste de Gazprom, tant pour le pétrole que le gaz, notamment à travers les nouvelles canalisations, le North et le South Stream. Ce dernier provisoirement gelé , approvisionne l’Europe (125 milliards de mètres cubes gazeux). La Russie ayant besoin de financement, les tensions en Ukraine n’ayant en rien influé sur ses exportations en Europe où sa part de marché a été de 30% entre 2013/2014.
L’expérience par le passé a montré que la Russie comblait ses parts de marché lorsque l’OPEP diminuait ses quotas. La résolution adaptée à Bruxelles fin octobre 2014 de continuer à approvisionner l’Ukraine malgré les tensions en est la démonstration.

Cinquièmement, Le retour sur le marché de la Libye (800.000 barils/jour actuellement, pouvant aller vers 2 millions de barils/jour) de l’Irak avec 3,7 millions de barils jour (deuxième réservoir mondial à un coût de production inférieur à 20% par rapport à ses concurrents) pouvant aller vers plus de 8/9 millions et de l’Iran, 2,7 millions de barils jour pouvant aller vers plus de 5/7 millions. Pour ce dernier pays soyons attentifs à la levée des sanctions, l’embargo l’autorisant à exporter seulement un million de barils/jour.

Il convient de prendre aussi en compte les nouvelles découvertes dans le monde, notamment en offshore-Méditerranée orientale (20.000 milliards de mètres cubes gazeux expliquant en partie les tensions au niveau de cette région) et en Afrique (dont le Mozambique qui pourrait être le troisième réservoir d’or noir), les nouvelles technologies permettant la réduction des coûts des gisements marginaux.

Sixièmement, l’efficacité énergétique dans la majorité des pays occidentaux avec une prévision de réduction de 30% (économie énergie-ciment-rond à béton).

Septièmement, les tendances sont à une nouvelle division et spécialisation internationale avec la concentration de l’industrie manufacturière forte consommatrice d’énergie en Asie qui absorbera 65% de la consommation mondiale horizon 2030, notamment l’Inde et la Chine (d’ailleurs parmi les deux premiers réservoirs mondial de gaz de schiste mais dont les importations ont dépassé celles des USA entre 2013/2014 ).

Les relations clients –fournisseurs seront à leurs avantages, pour avoir des avantages comparatifs et pousseront à la baisse des prix comme le fait la Chine actuellement pour le Venezuela et l’Equateur.

Huitièmement, la spéculation des traders au niveau des marchés boursiers et l’occupation par les terroristes de champs pétroliers et gaziers notamment en Irak avec des écoulements au marché noir pour un baril entre 40/50 dollars.

Abderrahmane MEBTOUL

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