Jean-Mermoz KONANDI, Abidjan

La Compagnie ivoirienne de développement du textile, acteur historique de la filière de coton, semble renaître après des années de léthargies consécutives à la libéralisation du secteur à l’occasion des Programmes d’ajustement structurel.
La chute des cours mondiaux  des matières premières à la fin des années 80 et le contexte de crise économique générale avaient conduit l’Etat ivoirien à la restructuration de la CIDTqui a abouti, en 1996, au processus de privatisation et de libéralisation de la filière.

En 1998, la cession d’une partie de ses actifs avait eue pour effet de fragiliser une entreprise qui avait été l’un des principaux acteurs du développement des infrastructures économiques dans les zones centre et nord de la Côte d’Ivoire qui concentrent la production nationale.
L’entreprise est aujourd’hui en reconstruction grâce à l’appui de l’Etat qui, sur la base d’un plan de relance, a abandonné une créance fiscale de 2,3 milliards de francs CFA et réglé une dette sociale estimée à 1,6 milliard.

Une action renforcée par l’Afreximbank qui a consenti un prêt d’environ 19 milliards FCFA qui a permis de financer la campagne 2014-2015 qui s’achève. Sur la période, la compagnie a commercialisé 34 000 tonnes de coton issu de la production de 11 mille paysans à qui elle a distribué 7,8 milliards de francs CFA. Un résultat salué par Mamadou Coulibaly, le directeur général, qui table sur une prévision de 50 000 tonnes de coton graine pour la campagne 2015/2016, encore loin des 130 mille tonnes des années fastes.
La production actuelle de la CIDT représente 5% de l’offre nationale dominée par Ivoire Coton et la Compagnie ivoirienne de coton qui détiennent respectivement 39% et 35% de part du marché.
Avec 421 000 tonnes produits cette campagne, la Côte d’Ivoire est le troisième producteur de coton graine en Afrique noire après le Burkina et le Mali.