Pour ATT, la piste malienne n’existe que dans la tête de ceux qui l’ont imaginé 

 

La piste malienne dans l’affaire du financement présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy par le défunt leader libyen Mouammar El Kadhafi « n’existe que dans la tête de ceux qui l’ont imaginé » selon une déposition de l’ancien chef de l’Etat malien Amadou Toumani Touré (ATT), recueillie par la Division des Investigations Criminelles (DIC)-un démembrement de la Direction de la Police Judiciaire du Sénégal, agissant sur la base d’une commission rogatoire de la justice française. Ces propos ont été rapportés mercredi par le quotidien dakarois « Libération ».
« Les juges ont décidé de regarder du côté du Mali parce ce que un témoin, Jaques Dupuy Dauby, leur affirmé avoir assisté à une réunion au cours de laquelle Cheikh Ahmadou Bâ-un proche d’ATT/et Béchir Saleh- l’âme damnée de Kadhafi, avaient évoqué ce financement qui devait passer par le fonds libyen dont la branche malienne était gérée par Cheikh Ahmadou Bâ ».
Devant les enquêteurs, l’ancien chef de l’Etat malien, renversé par un putsch militaire fin mars 2012 au début de la tourmente du Nord, s’est lavé à grande lessive, soutenant n’avoir jamais été mis au courant d’un financement supposé de la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007 par le colonel Kadhafi.
Ainsi, pour ATT, la piste mène vers une impasse judiciaire, et les enquêteurs de la justice française doivent regarder ailleurs s’ils veulent avancer dans leurs investigations.
Au cours des derniers mois de son long règne, confrontée à une révolte « populaire » fortement soutenue par la France et ses alliés occidentaux, le défunt dictateur libyen s’est plaint d’avoir été lâché par Nicolas Sarkozy, après avoir financé sa campagne électorale pour la présidentielle de 2007.