Auréolé du soutien réaffirmé de la Communauté des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC), Bedoumra Kordje, l’actuel ministre tchadien des Finances et du Budget, compte sur son bilan à la tête de ce département stratégique pour succéder à Donald Kaberuka à la présidence de la Banque Africaine de Développement.

“Au niveau du Tchad, j’ai à mon actif deux contributions, dont la première est l’élaboration du Plan National de Développement. Nous étions dans la Stratégie de réduction de la Pauvreté. A mon arrivée, ma Vision a été de changer l’approche en jetant les bases de l’émergence du Tchad”, argue-t-il en direction des 16 journalistes panafricains invités à Ndjamena au moment où le pays célébrait le point d’achèvement de l’Initiatives des Pays Pauvres Très Endettes (IPPTE).

Synonyme de l’effacement d’une ardoise de 1,1 milliard de dollars de dettes, le PPTE couronne l’œuvre de Bedoumra Kordje, architecte du renouveau des Finances publiques de son pays. De l’informatisation des Dépenses publiques au recensement des fonctionnaires qui ont permis de débusquer 5000 fantômes émargeant sur le dos de l’Etat, les succès sont palpables. Le Tchad a récupéré 17 milliards FCFA (25 millions de dollars) de ces différentes opérations d’assainissement.
C’est fort de ces acquis et alors que les félicitations de la Banque Mondiale et du FMI pleuvent que M. Kordje présente sa candidature. L’ancien vice-président de la BAD fait partie des 8 candidats en lice. Fait-il partie des favoris? Tout dépendra en grande partie de l’entregent du président Idriss Deby Itno, de la géopolitique du Sahel, de la diplomatie en clair-obscur de la CEDEAO et de cette CEMAC qui, tous comptes faits, pése seulement 4% des votes.

Kaberuka vu par Kordje

«Le prédécesseur de Kaberuka Donald a stabilisé la gestion saine de la BAD par des mesures de rigueur. Kaberuka a donné une vision et un saut qualitatif de la décentralisation. Il a répondu aux préoccupations d’aujourd’hui pour préparer un bon futur commun du continent. Il a mis l’accent sur l’intégration régionale, l’emploi des jeunes, l’autonomisation des femmes, les questions de paix et de sécurité pour que le continent évolue dans de bonnes directions. J’ai la chance d’avoir eu cette expérience. Je peux mettre tout le monde en ordre de bataille, pour aller vers des résultats », explique Bedoumra.

« Kaberuka a permis à la BAD d’être performante dans les domaines précis des Infrastructures et de la Promotion du Secteur Privé », a-t-il ajouté en s’inscrivant en continuateur des œuvres du rwandais. «Kaberuka a permis une forte croissance du Secteur Privé. Il a développé de bonnes politiques dans les pays post conflit. Il a porté très haut le niveau de la BAD. Il mérite la reconnaissance de l’Afrique et du monde entier».

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