Par Jean-Mermoz KONANDI

La société de téléphonie mobile Comium Côte d’Ivoire a été placée en redressement judiciaire au Tribunal de commerce d’Abidjan.

L’entreprise, dont l’endettement vis-à-vis de l’Etat s’élève à 35 milliards de francs CFA est la première à être assignée en justice sur un lot de quatre opérateurs représentants à peine 10% du marché du mobile que le gouvernement exhortait à fusionner pour constituer le quatrième opérateur du marché à même de tenir la concurrence face à Orange, MTN et MOOV.
Déjà, le 2 avril 2015, l’ARTCI, l’Autorité de Régulation des Télécommunications en Côte d’Ivoire, leur avait adressé une mise en demeure. Celle-ci faisait état d’un montant global 91 milliards FCFA dus au Trésor public.
«Il s’agit de faire en sorte que les opérateurs qui ne respectent pas leurs cahiers de charges, qui ne sont pas à jour de leurs engagements, sortent progressivement du marché, pour permettre à ce marché de devenir plus lisible, plus compréhensible, plus fort (…) L’option prise n’est pas le retrait pur et simple des licences qui sont accordées aux opérateurs en difficulté. La proposition leur est faite d’opérer un regroupement que l’Etat accompagnerait pour constituer le quatrième opérateur sur le marché de la téléphonie mobile en Côte d’Ivoire (…) et cela fait plus d’une année que nous avons alerté les opérateurs concernés», avait précisé Bruno Koné, ministre en charge des TIC, à l’issue du conseil de ministres du 4 mars dernier. Les opérateurs concernés avaient alors un délai de trois mois pour s’accorder sur les modalités d’une éventuelle fusion.
L’objectif poursuivi, tel que défini par le gouvernement, au-delà de la préservation des emplois (près de 600 emplois), est la consolidation du secteur de la téléphonie mobile et l’optimisation de l’utilisation des ressources spectrales, de sorte à améliorer la qualité de service de l’ensemble du secteur.
Comium, qui n’était pas favorable à une telle option, n’arrivait néanmoins pas à mobiliser, à l’image des autres structures, les ressources financières nécessaires pour résorber un endettement qui s’accumulait.
Il faut dire que dans les faits, ces acteurs ont une couverture très partielle du territoire national, une qualité de réseau jugée «défaillante», peinent à proposer une offre en phase avec les évolutions technologiques en cours et ont une présence médiatique minimale voire inexistante pour certains, là où les trois majors maintiennent une pression (médiatique) permanente avec des offres en constante évolution. Ce qui ne laisse pas entrevoir un regain d’activité, une capacité de reconquêtes de parts de marché.
Comium Côte d’ivoire, dont les activités avaient démarrés en trombe, il y a dix ans, en mai 2007, s’était arrogé 1,5 millions de clients en 18 mois d’activités pour ensuite amorcer une descente à 892 milles en 2014 selon les chiffres l’ARTCI, alors que le marché est estimé à plus de 22 millions d’abonnés.

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