Par Jean-Mermoz KONANDI, Abidjan

La côte d’Ivoire va lever 300 milliards d’obligations islamiques (sukuk) avec le soutien de la Société islamique de développement (SID), filiale de la Banque islamique de développement (BID) en charge du secteur privé, sur la période 2015-2020. Une première pour la pays.

Le programme Sukuk (Obligations conformes aux règles de la finance islamique) qui sera géré par la SID s’effectuera en deux phases de 150 milliards chacune. Premier pays de la sous-région à tenter l’expérience, le Sénégal a réussi à collecter 100 milliards de FCFA de sukuk en juillet 2014.

Cet instrument financier porte sur un principe somme toute relativement avantageux : les sukuk, qui ne doivent pas servir à des activités spéculatives, financent des projets économiquement viables qui génèrent les revenus nécessaires à la rémunération des prêteurs – partage des profits et des pertes entre les parties – contournant ainsi la contrainte de l’interdiction du prêt à intérêt contenu dans la charia.
Selon le communiqué de l’institution financière, l’objectif est de «développer un marché des capitaux selon les principes de la finance islamique en Côte d’Ivoire afin de résorber les besoins de financement pour les projets de développement».
Une opportunité pour ce pays, qui compte principalement sur les bailleurs de fonds pour financer les nombreux projets d’infrastructures dont il compte se doter dans les cinq prochaines années, et aussi une aubaine pour avoir une visibilité au niveau des pays du Golfe.
Le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et d’autres organismes financiers internationaux estiment que les avoirs des banques islamiques ont été multipliés par neuf à 1800 milliards de dollars entre 2003 et 2013, soit une progression de 16% par an. Ils dépasseraient actuellement les 2000 milliards et pourraient doubler de volume à 4000 milliards de dollars en 2020, selon des experts.
La réussite l’opération pourrait bien inspirer Attijariwafa Bank – qui a lancé sa filiale islamique Dar Assafaa en 2010 au Maroc – pour l’introduction cette finance alternative en Côte d’Ivoire à travers sa filiale, la Société ivoirienne de banque.

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